Le Gouvernement se propose de relever le défi de la suffisance et de l’adéquation des infrastructures socioéconomiques des communes par des interventions en vue du renforcement des services sociaux de…

Rencontre du chef de l’Etat avec les maires du Grand Nokoué : 343 milliards francs Cfa pour l’assainissement

Rencontre du chef de l’Etat avec les maires du Grand Nokoué : 343 milliards francs Cfa pour l’assainissement

Le Gouvernement se propose de relever le défi de la suffisance et de l’adéquation des infrastructures socioéconomiques des communes par des interventions en vue du renforcement des services sociaux de base et de protection sociale. Dans les semaines à venir, de nombreux projets seront lancés à cet effet dans les cinq communes du Grand Nokoué. Vendredi 5 mai dernier à la présidence de la République, le chef de l’Etat a pris langue avec les conseils communaux pour définir le cadre de cette coopération Etat-collectivités locales.

Le troisième pilier du Programme d’actions du Gouvernement (Pag) prévoit la réalisation de grands projets urbains en soutien aux communes pour améliorer le cadre de vie des populations et servir de levier au décollage économique. Il est prévu, dans ce cadre, une série de réalisations suivant une approche inclusive et participative qui intègre les synergies indispensables entre le développement urbain, l’habitat et l’environnement. Les communes de Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, Sèmè-Podji et Ouidah qui composent le Grand Nokoué bénéficient à cet effet d’une attention particulière.

Vendredi 5 mai dernier, leurs conseils communaux étaient à la présidence de la République pour un entretien sur les modalités de mise en place du partenariat au sein duquel l’Etat interviendra massivement dans le développement local. Ce partenariat portera sur la mise en place du plan directeur d’assainissement pluvial de Cotonou, le projet Asphaltage- aménagement et assainissement des voiries urbaines, le projet de système intégré de gestion des déchets ménagers dans les villes du Grand Nokoué et le projet de construction et de réhabilitation des marchés.

A l’entame de la séance de travail, le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, Pascal Irénée Koupaki, a rappelé que « la planification et la programmation sont des clés de succès de la transformation profonde et de la modernisation d’une économie ». Selon lui, le Gouvernement mise sur la gouvernance participative parce que les projets s’exécutent sur des territoires communaux.

 

Un partenariat fort avec les collectivités locales

Faible couverture en infrastructures, manque d’entretien des réseaux de draînage entrainant ou aggravant des inondations récurrentes, insuffisance ou mauvais état des voies et rues, gestion inefficace des déchets entraînant l’insalubrité, mauvais état des installations marchandes en état de désuétude… Le diagnostic de la situation des cinq villes du grand Nokoué posé par le ministre en charge du Cadre de vie, José Didier Tonato, présente un tableau sombre qui appelle à des actions urgentes. Raison pour laquelle le Gouvernement, soutient le ministre, veut aller vite mais avec le concours des communes avec qui il projette « un partenariat fort » pour booster l’amélioration des conditions de vie de nos populations et leur cadre de vie. Cela passera par des projets structurants d’envergure nationale qui vont doper l’économie locale. Les quatre projets phares identifiés à cet effet ont été à nouveau rappelés par le ministre aux conseillers communaux et municipaux. Aussi, indiquera-t-il que le Gouvernement a fait le choix de réaliser l’assainissement primaire et secondaire dans la ville de Cotonou pour régler définitivement les problèmes d’inondation avec d’autres projets complémentaires.

Au total, un programme d’investissement de 343 milliards francs Cfa avec 620 kilomètres de rue urbaine dont 380 dans le Grand Nokoué, sera réalisé. La finalisation des études est déjà lancée et les travaux démarreront courant 1er trimestre 2018. Dans chacune des villes du Grand Nokoué, à l’exception de Ouidah qui bénéficie d’un programme touristique spécial, il est envisagé d’importants déploiements en infrastructures. « L’objectif visé est une augmentation substantielle du stock de voirie. Le grand problème des cinq villes, c’est la voirie. Ce programme va dynamiser les économies locales et améliorer le système de fiscalité locale… », a indiqué le ministre Tonato.

S’agissant du projet de gestion des ordures, « le Gouvernement a mis en place un programme plus complet pour que de façon définitive, la situation des déchets soit réglée de façon durable », soutient le ministre. La réforme de la gestion des déchets passera donc par un programme d’investissement de 95 milliards avec le déploiement et la création de points de regroupements, l’acquisition d’équipements adaptés, la résorption des points noirs, la mise en ordre des lieux d’enfouissement… La réhabilitation et la modernisation des marchés constituent l’autre pilier de ce partenariat Etat-communes. « Les marchés qui constituent la base de l’économie réelle des villes sont dans une situation dormante. Dantokpa est la principale source de nuisance de la ville de Cotonou. Les conditions dans les marchés ne sont pas satisfaisantes », constate aussi dans son exposé le ministre du Cadre de vie qui conclut qu’il y a à ce niveau, « une question sérieuse d’hygiène à traiter de manière responsable ». Mais il n’y a, pas que ces projets. Il y a aussi le programme « villes durables » qui permettra à l’Etat d’intervenir globalement dans toutes les communes et d’impacter le quotidien des populations. Seulement, rien de ce qui est initié ne se fera en dehors du cadre réglementaire. C’est pourquoi, le Gouvernement fonde son action sur la base des textes en vigueur, notamment les articles 88 et 108 des textes sur la décentralisation et a conçu une convention-cadre générale pour la conduite de ces projets, a rassuré le ministre.

 

L’accompagnement des communes attendu

La convention à signer sous peu met à la charge de l’Etat plusieurs engagements. Il lui revient, entre autres, de conduire la réalisation des études techniques et le montage des projets, organiser et contribuer à la mobilisation des ressources, associer la commune aux différentes étapes, assurer en collaboration avec la commune la gestion des infrastructures et équipements… « L’intervention de l’Etat se fera sur la base d’un contrat pour la conduite de bout en bout des travaux. Les études ont démarré mais c’est pour l’intérêt général. Pour la suite, vous êtes plus concernés ». C’est par ces mots d’apaisement que le président Patrice Talon a expliqué aux maires et conseillers venus à sa rencontre, la démarche du Gouvernement. Une démarche qui, relève-t-il, priorise l’intérêt général et l’amélioration du cadre de vie des populations.

Selon le président de la République, il n’y a pas concurrence entre l’Etat et les collectivités locales. Il en a appelé à la collaboration et à l’accompagnement des conseils communaux. « Nous ne sommes pas en politique. Il s’agit d’améliorer notre cadre de vie commun. On rencontrera d’autres communes après pour des projets qui les concernent. Le plus gros du budget sera dépensé sur Cotonou. Quand on aura fini, il n’y aura pas une seule rue qui n’aura pas de feux tricolores ou l’éclairage ou encore la collecte des déchets », a laissé entendre le président Patrice Talon.

Georges Bada, maire de la commune d’Abomey-Calavi, salue « la démarche inclusive du Gouvernement » et « ce nouveau mariage de raison entre les communes et l’Etat ». Il présage, note-t-il, « d’un développement harmonieux et durable des collectivités territoriales ». Les sujets mis en débat sont de la compétence des communes, mais l’Etat central a décidé de faire un bond qualitatif, reconnaît le maire. La question de la gestion des déchets lui tient particulièrement à cœur. Il en fait « un constat triste » avec plus de 600 dépotoirs d’ordures qui attendent d’être enlevés. « Nous souhaitons conjuguer au passé les inondations », dira également le maire qui promet de son côté, le soutien de son conseil.

Pour ce qui la concerne, la ville de Ouidah s’est retrouvée dans l’ensemble des propositions, même si elle a souhaité apporter quelques nuances. Son maire, Sévérin Adjovi, note une volonté du Gouvernement de ne pas travailler en vase clos. Une nouvelle approche à laquelle il souhaite une intégration des lois sur la décentralisation. « Le contrat sera étudié en conseil communal. Ouidah ne sera pas un obstacle pour vous », s’engage-t-il. Seulement, Sévérin Adjovi note que la ville est un peu délaissée quant à la réalisation des voies alors qu’elle est au cœur d’un vaste programme à visée touristique. La reconstruction du marché de Pahou a été également demandée par le maire au nom de ses populations.

Charlemagne Honfo, maire de Sèmè-Podji, pour sa part, n’a pas d’inquiétude. Coincée entre Cotonou et Porto-Novo, et porte d’entrée au Nigeria, le plus grand marché de la région, la localité, selon son maire, doit être au cœur du projet envisagé et il se dit comblé des prévisions faites par le Gouvernement.

Pour Emmanuel Zossou, maire de Porto-Novo, la ville capitale a été abandonnée. Seulement  20% des voies sont revêtues, déplore le maire. Pour y remédier, le Conseil communal a opté pour un plan de développement municipal entièrement intégré aux prévisions du Gouvernement. De quoi satisfaire le maire et les conseillers qui ont souhaité que la ville retrouve ses attributs de capitale et ses lettres de noblesse. Ce qui passe par la réalisation d’une série d’infrastructures en commençant par l’aménagement de l’entrée de la ville et l’érection d’un hôtel de ville digne du nom. Dans les prochains jours, le Gouvernement et les communes concernées se retrouveront pour finaliser et signer les conventions cadre de partenariat Etat-communes.

 

Cadre de concertation Etat-ville de Cotonou

Un cadre de concertation entre la ville de Cotonou et l’Etat pour discuter des problèmes de la ville et de la collaboration entre les deux parties, c’est l’une des suggestions majeures faites par le maire de Cotonou, Léhady Soglo. Outre cette doléance, ce dernier évoque d’autres difficultés relatives aux engagements de la municipalité avec certains partenaires quant à la réhabilitation des marchés et l’assainissement de la ville. Des contrats en attente de renouvellement sont en souffrance, a laissé entendre le maire qui a souhaité l’appui du chef de l’Etat et de son Gouvernement. Pour le reste, Cotonou jouera sa partition, promet son maire. Les chantiers phares que le Gouvernement projette pour accompagner son conseil municipal pour donner à la ville une belle et attrayante image rencontre l’adhésion de ses dirigeants. Sauf que ceux-ci, indique Léhady Soglo, souhaitent mettre les études déjà réalisées à la disposition du Gouvernement pour qu’elles soient appréciées ensemble.

S’agissant du projet Asphaltage, il a suggéré que l’étude commanditée et réalisée par la ville et qui portait sur 82 kilomètres soit prise en compte. Aussi propose-t-il que le Gouvernement examine les éléments dudit projet. Il en est de même pour l’assainissement urbain. Le premier des Cotonois plaide alors la prise en compte, le renforcement des capacités de la ville à faire face aux ouvrages projetés et réaffirme la disponibilité du conseil municipal de Cotonou à jouer sa partition.

Au sujet des deux points soulevés par le maire de Cotonou et sur lesquels « il souhaite une souplesse de la part du Gouvernement », le président Patrice Talon rappelle : « Nous sommes en divergence ». La situation des contrats en attente ne lui est pas non plus étrange. Seulement, le président de la République a souhaité une harmonisation et la prise en compte des éléments nouveaux comme les investissements imminents du Gouvernement.

« J’ai été informé que vos contrats précédents sont à terme et que vous étiez en phase de les renouveler. Nous avons souhaité que le Conseil communal soit informé… Vous devrez faire des contrats de courte durée parce que nous allons lancer ensemble les appels d’offres en mi-juin. Si vous signez des contrats d’un ou deux ans, après les contrats vont devoir s’arrêter avant le terme et peuvent causer des préjudices. C’est la seule recommandation que nous avons formulée », clarifie le président Patrice Talon. « Je ne comprends pas qu’après nous avoir écoutés, vous nous demandiez si ce n’est pas bien que nous vous permettons de faire des réhabilitations. Il n’y a pas un seul marché qui ne sera pris en compte dans le programme. Pourquoi lancer des réhabilitations alors qu’un programme de construction imminent est envisagé ? Il urge que vous ne fassiez rien maintenant d’autant que nous allons ensemble convenir de ce qui va être fait », réitère le président de la République.

« Je ne sais pas si vos programmes de réhabilitation ont prévu faire des marchés modernes. Si c’est le cas, nous allons le faire ensemble. Attendez un peu. Il ne faut pas investir dans la réhabilitation de ces marchés parce que l’on risque de reprendre tout à zéro. Si vos projets rentrent dans la même dynamique que les nôtres, nous allons les confondre et les fondre pour avoir des projets qui soient à la satisfaction du Gouvernement et de la municipalité. Mais c’est ensemble que nous allons construire », a également précisé le président Patrice Talon. En somme, suggère le chef de l’Etat, il faut « une gouvernance raisonnable ». Il déplore que les rapports entre le Gouvernement et la mairie de Cotonou soient quelque peu tendus.

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