L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 3 octobre, le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de financement additionnel signé à Cotonou le 2 juin dernier, entre la…

Poursuite du Projet d’appui à la diversification agricole: 27,5 milliards FCfa de crédit autorisé par le Parlement

Poursuite du Projet d’appui à la diversification agricole: 27,5 milliards FCfa de crédit autorisé par le Parlement

L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 3 octobre, le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de financement additionnel signé à Cotonou le 2 juin dernier, entre la République du Bénin et l’Association internationale de développement (Aid) dans le cadre du Projet d’appui à la diversification agricole (Pada). Ce crédit dont la ratification par le Gouvernement a été autorisée par les députés se chiffre à 27 484 598 300 F Cfa.

Le Projet d’appui à la diversification agricole (Pada) bénéficie désormais d’un financement complémentaire pour sa seconde phase. Le crédit porte sur un montant de 41,9 millions d’euros équivalant à 27 484 598 300 F Cfa sur un coût global du projet estimé à 35 711 610 994 F Cfa. Le financement additionnel est accordé par l’Association internationale de développement (Aid) de la Banque mondiale dans le cadre de la poursuite jusqu’au 28 février 2021 du Pada dont la phase initiale a pris fin le 30 juin dernier.
Le projet de loi portant autorisation de l’accord de financement complémentaire a été adopté, ce mardi 3 octobre, par les députés en présence du ministre chargé de la Justice, Me Joseph Djogbénou, représentant son collègue en charge de l’Agriculture. Il vise essentiellement la consolidation et la mise à échelle des réalisations de la phase initiale, relève la Commission des Finances et des Echanges qui a étudié le dossier et élaboré le rapport.
La phase initiale du Pada qui a démarré en 2012 a permis, entre autres, au Bénin d’atteindre plus de 158 000 bénéficiaires directs du projet induisant ainsi la hausse des revenus ruraux, de porter la production à l’hectare de noix de cajou de 0,45 tonne au début du projet à 0,6 tonne, de porter la production à l’hectare d’ananas de 50 tonnes au début du projet à 57,4 tonnes, d’accroître la production de poissons de 2,8 tonnes à l’hectare au début du projet à 4,5 tonnes/ha. Les impacts du projet ont permis au Bénin de mieux se positionner sur le marché international de la noix de cajou et de l’ananas.
La seconde phase du projet ambitionne surtout de capita-liser les acquis énumérés supra et d’amener le secteur agricole à l’adoption à grande échelle des technologies améliorées de production, de post-récolte, de transformation et d’entreposage.
Le financement complémentaire obtenu s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement agricole et du Plan stratégique de développement du secteur agricole (Pasdsa, 2017-2021), détaille la commission des Finances et des Echanges de l’Assemblée nationale. De façon spécifique, le financement additionnel permettra de promouvoir et d’améliorer la productivité et la valeur ajoutée en ce qui concerne les spéculations ciblées et orientées vers la sécurité alimentaire, d’améliorer les chaînes de valeur orientées vers l’exportation et de développer des systèmes de multiplication des semences de riz, de maïs, des alevins de poisson-chats et de tilapia, des plants d’anacardiers et des rejets d’ananas.

Exhortations

Les députés intervenus lors du débat général se sont réjouis du taux de concessionnalité de ce financement qui dégage un élément don de 62,2%. Pour les parlementaires, ce taux alléchant témoigne de la capacité du Gouvernement à mobiliser les ressources extérieures à un moment où celles-ci se raréfient de plus en plus. Ils encouragent le Gouvernement à continuer dans ce sens pour décrocher des accords de ce genre au profit d’autres projets de développement du Bénin. Plusieurs députés dont Nourénou Atchadé et Valère Tchobo ont recommandé la construction de mini-barrages pour permettre aux producteurs de cultiver des tomates et autres produits maraîchers de contre-saisons. Il est inadmissible, martèlent-ils, que le Bénin suffisamment arrosé exporte des tomates, des pommes de terre, des oignons des pays comme le Burkina Faso non traversé ni par la mer ni par les cours d’eau. Il faut construire des canaux d’irrigation pour permettre aux producteurs de disposer de produits en toute saison, plaident-ils.
Le député Bida Nouhoum Youssoufou a saisi l’occasion pour dresser un réquisitoire sévère contre les cadres du ministère chargé de l’Agriculture. Selon lui, de 2012 à ce jour, il y a eu plus de 30 milliards de francs Cfa injectés dans le seul secteur agricole. Mais, chose curieuse, déplore-t-il, il n’y a rien comme réalisations palpables sur le terrain. Ce qui pose, selon lui, le problème de la pertinence des projets agricoles. Bida Nouhoum Youssoufou salue, tout de même, les efforts du régime du Nouveau départ surtout dans le secteur du coton pour inverser la tendance. Des efforts que reconnaît également dans le secteur cotonnier, son collègue Abdoulaye Gounou. Selon lui, il est possible que le Bénin atteigne la barre des 500 000 tonnes de coton cette année avec les productions sur le terrain. Mais il a insisté auprès du Gouvernement à qui il demande de prendre les dispositions idoines pour tracer les pistes rurales afin de permettre l’évacuation du coton surtout dans la zone des 2KP, c’est-à-dire Kérou, Kouandé et Ouassa-Pèhounco. Si rien n’est fait dans l’immédiat pour désenclaver ces zones cotonnières, la quantité escomptée risque de ne pas être au rendez-vous au grand dam surtout des producteurs qui vont perdre, relève le député Abdoulaye Gounou.
Le ministre Joseph Djogbénou a promis que tout ira bien. Selon lui, le Gouvernement est à pied d’œuvre avec l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) pour que la production cotonnière ne souffre d’aucune insuffisance sur toute la ligne

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