Depuis le 30 août dernier, le Collectif des syndicats du secteur de la santé a déclenché un mouvement de grève. Lequel se poursuit, malgré la résolution d’une bonne partie des…

Le ministre de la Santé au sujet de la grève des agents de santé « L’Etat ne saurait continuer de payer des agents qui refusent d’accomplir leur devoir »

Le ministre de la Santé au sujet de la grève des agents de santé « L’Etat ne saurait continuer de payer des agents qui refusent d’accomplir leur devoir »

Depuis le 30 août dernier, le Collectif des syndicats du secteur de la santé a déclenché un mouvement de grève. Lequel se poursuit, malgré la résolution d’une bonne partie des revendications des travailleurs. Une situation que le ministre de la Santé dit ne pas comprendre. Il était face aux médias, ce mardi 7 novembre dans les locaux de son ministère, pour des clarifications.

Au cours d’une déclaration de presse faite mardi 7 novembre, le ministre de la Santé, Alassane Séidou, a rappelé que « le Gouvernement a montré sa disponibilité et sa bonne foi, par la mise en place d’un cadre de dialogue avec les partenaires sociaux. Plusieurs rencontres ont été organisées sous la conduite du ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement», informe-t-il. Bien d’autres diligences ont été accomplies, soutient-il. Dès lors, retient-il, « les partenaires sociaux devraient y réfléchir » et le Gouvernement de son côté, tout en exprimant sa disponibilité permanente pour un dialogue constructif « ne saurait continuer d’utiliser les ressources du contribuable pour payer les salaires et primes à des agents qui refusent délibérément d’accomplir leur devoir ».
La mise à disposition du rapport de la commission de réformes du secteur de la santé, le rapportage pur et simple de la décision de création d’un comité technique de mise en œuvre desdites réformes, la mise sur pied d’un comité regroupant les représentants des acteurs sociaux et les différents corps en vue d’étudier le rapport de la commission des réformes et la satisfaction sans délai de toutes les revendications objet de grève et déjà étudiées par la commission interministérielle mise en place par arrêté du 5 décembre 2016. Ce sont là les revendications qui fondent le mouvement de grève lancé depuis le 30 août dernier par les travailleurs du secteur de la santé à travers un collectif syndical.

Des diligences

Le ministre Alassane Séidou n’a pas caché son « étonnement » et sa « déception » face à la poursuite des mouvements de grève, malgré les différentes mesures prises par le Gouvernement. Le Gouvernement n’est pas resté inactif face aux revendications des travailleurs du secteur de la santé, a-t-il assuré. En effet, plusieurs diligences ont été faites et des engagements ont été pris, a-t-il expliqué. Par rapport au paiement des arriérés de prime de motivation et de risque, un montant de deux milliards quatre cent soixante-neuf millions cent cinquante-huit mille (2 469 158 000) soit le tiers du montant total dû depuis 10 ans, seront immédiatement débloqués au profit des travailleurs. Les deux autres tiers seront payés sur deux semestres de manière à solder au plus tard en décembre 2018 la totalité des arriérés. En ce qui concerne les doléances d’ordre administratif et relatives à la carrière des agents, « les instructions sont données à toutes les structures impliquées pour que les diligences nécessaires soient faites pour une prise en compte rapide des préoccupations des travailleurs », assure Alassane Séidou.
Au sujet du rapport de la commission des réformes, il trouve curieux que « près de deux mois après réception dudit rapport, les partenaires sociaux n’aient formulé aucune observation ni suggestion, mais s’emploient à dénoncer des choses qui n’existent d’ailleurs pas dans le rapport, et parcourent les plateaux de télévision pour critiquer au lieu de soumettre leurs observations ». Pourtant, relève-t-il, ledit rapport leur a été transmis depuis le 18 septembre dernier. Le ministre, à travers sa déclaration, note même un excès quant à l’exigence de rapporter la décision de création du comité technique de mise en œuvre desdites réformes. « Le Gouvernement estime que les partenaires sociaux vont au-delà de leurs prérogatives. Cette revendication est de nature à empêcher la concrétisation des réformes qui sont opportunes et indispensables pour apporter des solutions aux maux qui minent le secteur de la santé », toutefois, « il reste entièrement disponible pour considérer les propositions pertinentes que feront les partenaires sociaux suite à l’examen du rapport ».
Selon le ministre, les propositions contenues dans ce rapport ne remettent nullement en cause les acquis des travailleurs de la santé, et ne portent aucunement atteinte à leur sécurité professionnelle. Bien au contraire, « elles visent à améliorer leurs conditions de travail, une meilleure prise en charge dans les centres de santé publics, et une meilleure qualité de soins », promet-il?

Aucun hôpital ne sera privatisé

Au cours de la déclaration de presse faite hier, le ministre Alassane Séidou s’est étonné de l’information ventilée par certains individus et faisant état d’une privation des hôpitaux publics. « Nous entendons dire que tous les hôpitaux seront privatisés. Je voudrais affirmer qu’aucun hôpital ne sera privatisé. La réforme n’a prévu de sortir aucun hôpital du patrimoine public. Il est question d’adopter de nouveaux modes de gestion pour plus d’efficacité et d’efficience, toutes choses indispensables pour améliorer la qualité de l’offre des soins aux populations », a élucidé le ministre.
« La réforme n’a prévu de mettre au chômage aucun agent qu’il soit un agent conventionné, un agent permanent de l’Etat ou un agent contractuel de l’Etat », rectifie-t-il aussi. Précisant qu’il ne saurait d’ailleurs en être ainsi parce que « notre pays est à 8 agents qualifiés pour 10 000 habitants au lieu de 25 pour 10 000 tel que recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé »?
J.F.M

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