Sébastien Ajavon est victime de son insoumission. L’acharnement dont fait objet l’homme d’affaires trouve son origine dans son positionnement politique sur l’échiquier national. Les impôts servent juste de prétexte au…

Traque des hommes d’affaires : Le faux prétexte des impôts

Traque des hommes d’affaires : Le faux prétexte des impôts

Sébastien Ajavon est victime de son insoumission. L’acharnement dont fait objet l’homme d’affaires trouve son origine dans son positionnement politique sur l’échiquier national. Les impôts servent juste de prétexte au gouvernement pour abattre un allié politique devenu encombrant compte tenu de ses ambitions. En réalité, que reproche-t-on à Sébastien Ajavon et qui n’a jamais eu cours durant les gouvernements successifs ?

C’est un secret de polichinelle que les grandes entreprises commerciales ont toujours bénéficié de largesse de la part des gouvernements. Outre les exonérations faites sur certaines marchandises de première nécessité et qui sont connus de tous, beaucoup de transactions échappent au fisc avec la complicité de ceux-là mêmes qui sont censés faire le contrôle. Cela a été le cas hier, c’est encore le cas aujourd’hui. Pire, si sous le régime défunt de Boni Yayi, la marge d’exonération fiscale était de 5%, elle est aujourd’hui de 20% et ceci au profit des entreprises de l’homme d’affaires devenu président.

Au Bénin, l’économie est basée sur l’informel. Des marchandises sont importées, vendues et les recettes entrent dans les poches des grands importateurs sans aucune traçabilité. La semaine dernière à l’Assemblée nationale, le vice-président du Conseil économique et social a démontré comment des opérateurs économiques, pour la plupart des expatriés, volent le fisc en opérant sous des prête-noms avec la complicité des transitaires béninois. La méthode est celle-ci : Une fois la marchandise arrivée au port de Cotonou, elle subie une rectification de destination et de destinataire pour pouvoir être mise en consommation au Benin. C’est à ce moment que tout le jeu se passe. Les sociétés écrans rentrent en scène et la marchandise est soit mise en consommation au nom d’une société créée de toute pièce pour l’opération avec un IFU (Identifiant Fiscal Unique) d’une personne décédée ou d’une personne dans un village lointain qui n’a même pas les moyens de faire une importation. Lorsque la marchandise est mise en consommation de cette manière, il est quasiment impossible pour les services des impôts de retrouver le vrai propriétaire de la marchandise afin de pouvoir percevoir les taxes normalement dues. C’est l’une de failles dans le système de taxation que les importateurs exploitent. Les agents chargés du contrôle fiscal le savent mais n’arrivent pas à trouver le remède adéquat.

Dans un tel contexte, les sociétés régulièrement enregistrées et dont les propriétaires sont connus subissent la dure réalité des impôts dans un pays à ressource essentiellement fiscale. Si le gouvernement veut réellement lutter contre l’évasion fiscale, il doit d’abord tout mettre en œuvre pour trouver les vrais propriétaires des produits qui sont illégalement déversés sur le territoire national afin de les faire payer les taxes qui échappent au fisc. De même, le gouvernement devrait mettre en place un système de contrôle sur la même période où les entreprises de Sébastien Ajavon sont incriminées pour recouvrir les taxes et impôts que devraient normalement payer tous les autres sociétés écrans qui opèrent dans le pays. Ne pas agir de la sorte et consacrer toute cette énergie seulement contre les entreprises de Sébastien Ajavon, c’est confirmer la thèse qu’en réalité les vraies motivations du gouvernement sont ailleurs.

Worou BORO

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