Que d’articles dans la presse et sur les réseaux sociaux pour montrer à l’opinion publique nationale et internationale que la traque qui se mène aujourd’hui contre certaines personnalités de la…

Refus des populations de croire à la lutte contre l’impunité : Ce qui joue contre Talon

Refus des populations de croire à la lutte contre l’impunité : Ce qui joue contre Talon

Que d’articles dans la presse et sur les réseaux sociaux pour montrer à l’opinion publique nationale et internationale que la traque qui se mène aujourd’hui contre certaines personnalités de la République, est la volonté affichée du gouvernement notamment de son chef de lutter farouchement contre la corruption et l’impunité. Mais il est une évidence que cette vaste campagne communicationnelle trouve des résistances. Beaucoup de Saint Thomas refusent de boire à cette source officielle. Et pour cause…

Si le gouvernement de Patrice Talon se trouve obligé et peine à convaincre sur la non sélectivité dans ce qui est appelé « opération mains propres », plusieurs raisons expliquent cela. Et la première, c’est la perte de confiance d’une bonne partie du peuple avec les dirigeants actuels. En ligne de mire, le système de gouvernance instauré déjà à l’aube du mandat. A y voir de près, il a semblé que le candidat Patrice Talon, une fois élu n’a plus respecté les engagements de départ. Pour être on ne peut plus clair, le chantre du Nouveau départ a fait l’âne pour avoir le foin. Jamais, il n’aurait dû perdre de vue que la parole en Afrique relève du sacré, qui plus est la parole du chef ; c’est-à-dire celle présidentielle. En effet, alors que le candidat Talon, en parcourant monts et vallées et dans son discours d’investiture avait insisté sur un mandat unique, chemin faisant il sortira le vocable « J’aviserai » semant ainsi le doute et la suspicion dans les cœurs de ses compatriotes. Bien avant la présidentielle, il avait aussi lâché le morceau. Un président qui a besoin de se faire réélire n’a pas besoin de bilan. Cela dépend de la façon dont il tient les grands électeurs. Et quand on sait qu’on peut tenir quelqu’un soit en l’entretenant dans les bonnes grâces, soit en le mettant hors d’état de nuire pour ne pas dire hors d’état d’être populaire, l’on ne saurait donc affirmer que les explorateurs de cette piste d’analyse ont tout faux. L’autre déclaration qui court les rues aujourd’hui, c’est celle-là qui a été lâchée par le chef de l’Etat après le rejet de son projet de révision de la Constitution. Depuis avril 2017, Patrice Talon a lancé les hostilités sur un ton grave. Il a pris acte, dès lors, que 60 députés sont avec lui et les 23 restants sont donc contre lui.  Désormais je ferai la politique, a-t-il prévenu, pour ne pas le paraphraser. Et à son homme de main, Joseph Djogbénou, actuel Garde des Sceaux d’emboucher la trompette en déclarant urbi et orbi que dorénavant, la gouvernance se  fera avec ruse et rage. C’est donc une question de timing qui entre en jeu dans les commentaires et analyses. Pourquoi Patrice Talon n’avait-il pas déclenché aussitôt sa lutte contre l’impunité et a dû attendre plus de 18 mois ? Pourquoi ce réveil brusque après le rejet de son projet phare par l’Assemblée nationale? Enfin, et c’est la question à laquelle le gouvernement n’a pu répondre et convaincre jusque-là, pourquoi c’est seulement dans le camp de ceux qui critiquent vertement le pouvoir et qu’on peut assimiler à l’opposition, que le chien renifleur de la Rupture a décidé d’élire domicile ? Autant de préoccupations qui reviennent dans les débats, les grognes et les écrits du Béninois lamdba, intellectuel ou non. La crise de confiance, elle est bel et bien là. Il va falloir que l’Exécutif travaille à inverser la donne.

Worou BORO

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