Depuis 2016, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Mesrs) opère de profondes réformes. Si l’année dernière, le sous-secteur de l’enseignement privé a été le plus touché;…

Enseignement supérieur: Marie Odile Attanasso expose les réformes aux acteurs

Enseignement supérieur: Marie Odile Attanasso expose les réformes aux acteurs

Depuis 2016, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Mesrs) opère de profondes réformes. Si l’année dernière, le sous-secteur de l’enseignement privé a été le plus touché; cette année, c’est le système d’enseignement public qui est visé. Pour sonder les réformes en cours, le ministre Marie Odile Attanasso a échangé, ce jeudi 24 mai avec les acteurs de l’enseignement supérieur.

L’enseignement supérieur au Bénin est en pleine transformation. Comme annoncé à la rentrée officielle le 2 octobre 2017 par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Mesrs), Marie Odile Attanasso, l’année académique 2017-2018 est consacrée à la mise en œuvre de réformes touchant essentiellement les établissements publics d’enseignement supérieur. Chose désormais effective. Plusieurs actions sont en cours pour l’amélioration du système de sélection des nouveaux bacheliers, la mise en place d’un nouveau mode de gouvernance des universités nationales du Bénin et l’instauration d’institutions universitaires pour une recherche de qualité.

C’est pour leur exposer les différentes réformes engagées et recueillir leurs contributions que le ministre a organisé, hier, une journée d’échanges avec les acteurs du monde universitaire béninois. Entres autres réformes, le ministre Marie Odile
Attanasso a évoqué la mise en place d’une plateforme d’orientation en amont pour améliorer le système de sélection des bacheliers et d’une plateforme nationale pour une meilleure gestion des publications universitaires. Désormais les universités publiques seront gérées par des conseils d’administration et les organisations estudiantines pour se faire entendre des autorités devront avoir une certaine représentativité au plan national. Aussi, les offres et les coûts de formation des universités publiques seront harmonisés. Deux institutions sont en cours de création pour l’amélioration de la qualité et de la recherche, notamment l’Agence béninoise pour l’assurance de la qualité de l’enseignement supérieur et l’Agence béninoise pour la recherche et l’innovation.

Des réformes engagées de façon participative

L’année 2017-2018 est également marquée par la poursuite de l’assainissement des établissements privés d’enseignement supérieur à travers l’organisation de la deuxième édition du concours national de Licence et la première édition pour le niveau Master d’une part et l’exclusivité des formations régaliennes assurées par l’Etat d’autre part. C’est sans oublier les réformes engagées pour la sélection des enseignants à partir d’un processus de recrutement qui privilégie la compétence et bannit des pratiques malsaines telles le népotisme et le parrainage. Toutes ces réformes, à en croire le ministre, concourent à la mise en place d’un enseignement supérieur de qualité et d’une recherche scientifique au service du développement. Elles s’inscrivent dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag) au titre du pilier 2 de la stratégie 5 qui entend faire de l’éducation un facteur de choix pour la croissance économique.
Les réformes présentées par le ministre Marie Odile Attanasso ont toutes été élaborées dans un esprit collégial, par des acteurs du secteur de l’enseignement supérieur au sein de différentes commissions. Les participants ont, dans l’ensemble, apprécié la clarté de la présentation du ministre qui reflète un diagnostic approfondi des maux qui minent le secteur de l’enseignement supérieur au Bénin. D’aucuns l’ont alors encouragée à poursuivre sans démordre. « Ce sont des réformes audacieuses qui sont parties d’un bon état des lieux pour aboutir à des solutions idoines. J’invite le ministre à foncer dans ces réformes », a déclaré le doyen de la Faculté des sciences de la santé (Fss), Delphin Mèhinto. C’est aussi ce que confirme le secrétaire général du syndicat des travailleurs du Mesrs, Corneille Gbéwézoun, qui a également exhorté l’autorité à continuer d’associer les acteurs du secteur et à faire attention aux orientations de ses collaborateurs.
D’autres ont, par ailleurs, exprimé leurs appréhensions par rapport au système de sélection des nouveaux bacheliers, à la sélection des boursiers et au nouveau mode de gestion des universités publiques quant à leur gestion dite sous la forme d’entreprise. Des inquiétudes auxquelles le ministre a apporté des clarifications en promettant d’associer les acteurs pour des réflexions plus poussées. « Ce ne sont pas des solutions toutes faites que nous apportons. Ce sont des réflexions qui sont soumises à appréciation et pour lesquelles nous allons associer divers acteurs, afin que nos universités fassent un pas significatif dans l’univers des universités africaines à travers la qualité des enseignements et le mode de gestion », a laissé entendre le ministre Marie Odile Attanasso.

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