L’initiative de la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 qui agite l’actualité sociopolitique nationale depuis quelques semaines a-t-elle reçu l’adhésion de tous les acteurs à qui on attribue…

Deux sessions extraordinaires au parlement sans la loi référendaire: La preuve que la mouvance a renoncé au référendum

Deux sessions extraordinaires au parlement sans la loi référendaire: La preuve que la mouvance a renoncé au référendum

L’initiative de la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 qui agite l’actualité sociopolitique nationale depuis quelques semaines a-t-elle reçu l’adhésion de tous les acteurs à qui on attribue sa paternité ? La question mérite d’être posée au regard de l’indifférence affichée jusque-là par le Gouvernement et en l’occurrence son numéro un, le Président Patrice Talon. En effet, les verrous qui entravent l’organisation du référendum en vue de l’adoption suite au le rejet de la révision de la Constitution, restent encore entiers depuis l’échec le jeudi 05 juillet dernier, de l’adoption par voie parlementaire de la proposition de loi. Il y a quelques jours, les députés de la 7ème législature, notamment ceux du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp), ont demandé la convocation d’une session extraordinaire sur un seul point: l’examen de la proposition de loi portant Charte des partis politiques en République du Bénin, sans profiter pour y inscrire l’actualisation de la loi portant recours au référendum. Ladite session est close jeudi dernier sans aucune perspective d’une autre session pour préparer le référendum. Chose curieuse, Patrice Talon accusé d’avoir commandité la révision ciblée de la loi fondamentale après l’échec de son projet en avril 2017, a également saisi le président de l’Assemblée nationale pour la convocation d’une session extraordinaire sur l’examen immédiat de trois dossiers. Il s’agit de deux projets de lois portant autorisation de ratification d’accords de financement et de la proposition de loi portant enregistrement à titre dérogatoire en République du Bénin. La modification de la loi référendaire ne figure nulle part. Pour l’heure, la proposition de loi modificative de la loi portant conditions de recours au référendum n’est toujours pas à l’ordre du jour des sessions extraordinaires à l’Assemblée nationale du Bénin. Le fameux texte de loi qui a enflammé les réseaux sociaux il y a quelques jours et qui a suscité des inspirations fertiles, reste jusque-là sur support numérique et sans auteur. Il apparaît évident qu’en se réunissant au palais des gouverneurs pour des sessions extraordinaires sans évoquer l’épineuse question de la loi portant conditions de recours au référendum, la majorité parlementaire a changé de stratégie ou a carrément renoncé à son projet de révision. Les jours à venir pourront mieux nous édifier. Mais on retient, en attendant que les réflexions se poursuivent pour décider de l’organisation ou non du référendum, qu’aucun pas n’a été posé à ce jour dans le sens de la poursuite du projet. Ce qui peut amener à entrevoir que la majorité parlementaire a reculé, certainement face aux nombreuses embûches. Cette renonciation serait aussi due au refus du président de la république de convoquer le peuple aux urnes pour se prononcer sur la question, en raison du fait de la rareté des moyens et du fait que ledit référendum ne portera pas sur ses projets de réformes constitutionnelle.

Germin DJIMIDO