Le Chef de l’Etat, Patrice Talon, au cours de son intervention sur l’émission télévisée « A cœur ouvert », est revenu sur les réformes engagées par le gouvernement béninois dans…

Secteur de la santé : Le diagnostic de Talon qui fonde les réformes

Secteur de la santé : Le diagnostic de Talon qui fonde les réformes

Le Chef de l’Etat, Patrice Talon, au cours de son intervention sur l’émission télévisée « A cœur ouvert », est revenu sur les réformes engagées par le gouvernement béninois dans le secteur de la santé notamment le récent décret portant exercice en clientèle privée. Pour le Président de la République, des mesures radicales s’imposent face au niveau critique de dysfonctionnement du système sanitaire et de moralité dans le secteur. Des réformes liées aux évacuations sanitaires à celles liées à la réorganisation du sous-secteur pharmaceutique, le Président Patrice Talon estime avoir toujours agi en fonction des impératifs pour solutionner les problèmes des populations béninoises…

Se prononçant sur le décret présidentiel obligeant les médecins du secteur public à décider de servir soit dans les cliniques privées soit dans les hôpitaux publics, le Chef de l’Etat juge inadmissible que des médecins formés avec l’argent du contribuable, recrutés et payés par l’Etat béninois consacrent la majeure partie de leur temps, de leur énergie dans les centres de santé privés. « Les béninois ne sont pas satisfaits de l’offre de soins, dans les centres de santé, les hôpitaux publics. Et pourtant, l’Etat du Bénin depuis des décennies a investi massivement dans la formation des médecins condamne le Président Patrice Talon. Et de poursuivre « Nous avons tout perverti au Bénin…dans ce domaine sensible, les médecins qui sont dans le secteur public qui sont des Agents permanents de l’Etat, des Agents contractuels de l’Etat, qui ont la possibilité d’aller exercer ponctuellement et de manière marginale dans le secteur privé, ont délaissé complètement leur sacerdoce et consacrent plus assez de leur temps, de leur énergie, de leur volonté aux soins qu’ils donnent dans le secteur privé parce que  cela leur apporte une rémunération complémentaire».  Tout en reconnaissant qu’il leur était permis, comme partout dans le monde, de pouvoir faire de la consultation ou des interventions dans les centres de santé privés dans le but qu’ils puissent concilier la satisfaction de leurs obligations au profit du public et leurs prestations dans le secteur privé pour ajuster leurs revenus et surtout mettre leur science au service de ceux qui recourent aux centres de santé privés pour se soigner, Patrice Talon déplore, par contre, une mauvaise foi des médecins. Ces derniers payés avec l’argent du contribuable se permettent, selon les propos du Président de la  République, de détourner des malades des centres de santé publics vers des cliniques privées. Plus inadmissible, c’est  que ces malades font l’objet d’escroquerie dans les centres de santé privés avec à la clé, des surfacturations.  Ce qui ne peut être fait au niveau des hôpitaux publics car les fonds vont dans les caisses nationales.  Cela devient alors une gangrène qu’il faudra combattre, selon Patrice Talon. Toute chose qui justifie la mesure radicale prise par le gouvernement pour contraindre les médecins à opérer désormais un choix définitif. Ils disposent d’un délai allant jusqu’au 1er septembre 2018 pour choisir soit de rester dans le public et renoncer à leurs activités dans le privé soit de rester dans le privé et démissionner du public. Le gouvernement entend donc faire tout ce qu’il faut pour que le service public retrouve sa noblesse. Et pour Patrice Talon, la question de qualité du plateau technique ne saurait être une excuse pour justifier la mauvaise qualité des soins dans les hôpitaux publics. A l’en croire, les formations sanitaires publiques disposent des meilleurs plateaux techniques et il n’y a pas de raison que les soins offerts par les structures sanitaires privées soient meilleurs que ceux offert dans les hôpitaux publics. « Ce n’est pas le plateau technique qui fait la médecine, le plateau technique accompagne la médecine fera savoir le Chef de l’Etat. Le gouvernement entend également recruter de médecins s’il le faut, pour compenser les départs dans la fonction publique tout en prenant des mesures d’accompagnement en faveur de ceux qui resteront dans le secteur public pour leur permettre d’ajuster leurs revenus. De plus, le Président Patrice Talon annonce que des mesures seront prises pour procéder au contrôle du respect des normes, de protocoles et des tarifs de prestations dans les cliniques privées.

De la légalité du dé-cret présidentiel…

Le décret présidentiel n’est pas en contradiction avec la loi portant organisation de l’exercice en clientèle privée, des professions médicales et paramédicales notamment dans son article 9 qui permet aux praticiens hospitaliers, médecins, de fournir des prestations dans le privé. En tout cas, c’est ce qu’a tenu à clarifier le Chef de l’Etat. Pour Patrice Talon, la loi ne donne pas le droit, la loi permet mais à condition que l’Etat donne l’autorisation et la loi ne saurait permettre que ceux que l’Etat embauche fassent ce qu’ils veulent. « La loi leur permet d’exercer en clientèle privée sous autorisation préalable du ministre de la santé. A défaut d’autorisation, ce droit ne peut s’exercer. Aujourd’hui, nous avons décidé de retirer les autorisations. Aucun texte ne fait obligation au ministre de la santé de délivrer systématiquement les autorisations Il est malheureux de constater que les médecins ont perverti totalement le système » a martelé Patrice Talon.

Evacuations sanitaires : rationnaliser les dépenses…

Face aux ressources limitées du Bénin, le gouvernement du Président Patrice Talon a perçu la nécessité d’opter pour une rationalisation des dépenses liées aux évacuations sanitaires. Pour le Chef de l’Etat, pourquoi consacrer un milliard pour soigner un seul individu alors que cela pourrait servir à soigner tous les béninois. Il importe alors de gérer les ressources disponibles avec parcimonie. «…nous dépensons plus d’argent qu’il n’en faut pour les mêmes soins…Nous  avons décidé d’instaurer la transparence et la rationalisation » a expliqué Patrice Talon pour justifier le partenariat noué avec un groupe d’hôpital qui propose des tarifs plus bas pour la prise en charge des évacuations sanitaires. Les réformes, selon Patrice Talon, ont permis de « rapatrier près de 600 millions de francs CFA, qui existaient sous forme de provision dans des hôpitaux étrangers où certains de nos compatriotes allaient se faire soigner pour des qualités de soins pas tout à fait différentes (…) ». Quant aux réformes amorcées pour la réorganisation du sous-secteur pharmaceutique, le chef  de l’Etat a confié que des experts internationaux ont été sollicités pour faciliter l’assainissement du sous-secteur afin de garantir la disponibilité et l’accessibilité des médicaments de qualité à tous.

Aziz BADAROU

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