2019, premier test électoral pour la Rupture. Le gouvernement de Patrice Talon, normalement, ne tardera pas à convoquer le corps électoral. Du moins, s’il veut être respectueux des textes de…

Législatives de 2019 au Bénin : Cartes d’électeur pour tous, l’autre casse-tête

Législatives de 2019 au Bénin : Cartes d’électeur pour tous, l’autre casse-tête

2019, premier test électoral pour la Rupture. Le gouvernement de Patrice Talon, normalement, ne tardera pas à convoquer le corps électoral. Du moins, s’il veut être respectueux des textes de la République ou s’il ne veut pas qu’on lui reproche de faire dans la continuité du régime défunt. Mais pour aller aux élections, surtout transparentes, apaisées et acceptées de tous, il faut réunir des ingrédients clés. Au nombre de ceux-ci, une liste électorale fiable assortie de cartes d’électeur pour tous les citoyens en âge de voter. Mais à ce jour, si le processus d’actualisation du fichier électoral suit son cours, il n’est pas évident que la confection de nouvelles cartes d’électeur soient la préoccupation la mieux partagée entre Cos-Lepi, l’instance chargée d’apprêter la liste électorale, et l’Exécutif. Au regard des communiqués et appels lancés par la première institution demandant à ceux ayant perdu leur carte d’en solliciter le dupplicata, on peut affirmer que garantir une nouvelle carte électorale à chaque Béninois n’est pas le souci premier de la ”Rupture”. Sinon, même si le Cos-Lepi en arrivait à émettre une telle idée, le gouvernement Talon devrait insister et débloquer les fonds pour l’établissement de nouvelles cartes à toutes et à tous. Cela fait quand même trois ans que ces cartes n’ont plus été utilisées. A-t-on préalablement averti que ces cartes sont à utiliser jusqu’en 2021? Est-on sûr que tout le monde l’a encore sur soi et en lieu sûr ? Venons- en au duplicata qu’il faut solliciter. Est-on sûr que l’information est passée dans les hameaux, les coins et recoins du pays au point d’en atteindre le dernier des ”paysans” qui a le droit de voter, un droit constitutionnellement reconnu? Et même si l’information lui est parvenue, est-on sûr qu’il a eu le temps et les moyens de solliciter effectivement ledit duplicata ? De la petite enquête menée, c’est de la mer à boire, solliciter le duplicata. Outre un formulaire à remplir auprès du démembrement-quartier du Cos-Lepi, des témoignages font état de ce qu’il faut s’adresser au commissariat. Mais avant tout ceci, il faut aller dans une recette perception pour s’acquitter d’un montant pas trop élevé, mais pas petit non plus. Certaines personnes qui ont bien voulu demander le duplicata et faire le transfert d’un lieu de vote X à un lieu de vote Y, ont dû abandonner l’opération, faute de moyen financier et par contrainte de temps. À l’instar de ceux-ci, beaucoup d’autres sont peut-être dans le cas, avec divers problèmes. C’est donc important de s’intéresser à ce beau monde, au cas par cas. Et pour pallier ces difficultés ou régler au mieux la situation, la meilleure option, c’est la confection et la distribution de nouvelles cartes à tous les citoyens qui ont l’âge de voter et recensés dans la base de données du fichier électoral. Il semble que c’est aussi cela ce que demande la Task Force citoyenne de la communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) pour la gouvernance, la démocratie et la paix. Déjà au cours d’une conférence de presse, vendredi 28 décembre 2018, son président Gustave Assah avait brièvement abordé le sujet. Pour lui, la distribution des cartes d’électeur doit être systématique pour tous les Béninois en âge de voter. Désormais, il en fait d’ailleurs une exigence puisque le lundi 31 décembre, face à la presse, il passe à la vitesse supérieure. Gustave Assah au cours de cette sortie médiatique va lancer un appel à la solidarité nationale et aux partenaires au développement pour la mobilisation de ressources pouvant couvrir la confection de nouvelles cartes d’électeur aux citoyens. La confection de nouvelles cartes d’électeur, l’autre test grandeur nature pour le Pouvoir de la Rupture. Sa réussite relèverait-elle d’une alchimie pour Patrice Talon et les siens? C’est pourtant une dépense de souveraineté, et un pilier important pour des élections globalement acceptables. Le dernier mot revient donc à l’Exécutif notamment à son chef, garant de la paix, surtout si on sait que c’est l’une des rares fois qu’on utilisera une même carte dans un intervalle de temps aussi long.

 

Mike M.

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