Tout est parti d’une sortie médiatique du secrétaire général de l’Union sociale libérale (Usl) dimanche dernier sur Soleil Fm. Au cours de l’émission, Géraldo Gomez a déclaré que le parti…

Clash entre partis de l’opposition : Guy Mitokpè répond à l’Usl

Clash entre partis de l’opposition : Guy Mitokpè répond à l’Usl

Tout est parti d’une sortie médiatique du secrétaire général de l’Union sociale libérale (Usl) dimanche dernier sur Soleil Fm. Au cours de l’émission, Géraldo Gomez a déclaré que le parti Restaurer l’espoir ne serait pas de l’opposition. Lundi dernier, dans une réponse du berger à la bergère, le secrétaire général de Restaurer l’espoir le député Guy Mitokpè a répliqué par un post sur sa page Facebook. « Etre de l’opposition au Bénin, est-ce être soumis à l’Usl ? », s’est demandé le jeune député de la 16e circonscription électorale. Et depuis, la toile s’enflamme. Les discussions s’enveniment entre partisans des deux camps. Pour comprendre la relation Re et Usl, votre journal s’est rapproché du député Guy Mitokpè qui a profité de l’occasion pour faire le point des démarches entreprises par son parti pour une unification de l’opposition.

 

Bonjour député Guy Mitokpè, les lecteurs voudraient en savoir davantage sur la polémique entre le parti Restaurer l’espoir et l’Usl suite à la sortie médiatique du secrétaire général Géraldo Gomez

Guy Mitokpè : Bonjour M le journaliste, effectivement comme nos concitoyens, nous avons suivi le dimanche 06 janvier 2019 une sortie médiatique sur la radio Soleil Fm du secrétaire général du parti Usl M Géraldo Gomez. Mais j’avoue que nous avons été très surpris de ses propos à l’endroit du parti Restaurer l’espoir. Je dirai que c’était contre toute attente qu’une personnalité de son rang puisse, dans un contexte aussi sensible que celui-là, faire une pareille déclaration sur le parti Restaurer l’espoir. Donc il est de bon ton que je puisse relater la réalité des faits, ce qui s’est déroulé depuis environ un an, afin que nous puissions comprendre que, ce que les populations attendent de nous, ce ne sont pas les attaques entre chapelles politiques. Ce que les populations attendent de nous, c’est la libération du parlement. Je suis très surpris des propos que j’ai entendus et au nom de la vérité ce serait bon que nous puissions relater ce qui s’est passé.

 

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Il y a environ un an de cela, le parti Restaurer l’espoir, avec à sa tête le président Candide Azannai et quelques responsables du parti, a échangé avec certaines personnalités de l’opposition. Et nous avons mis l’accent sur l’utilité de, soit dissoudre tous les partis de l’opposition et d’en créer un nouveau parce que le temps le permettait, et en plus de cela, nous avons dit que la deuxième possibilité serait que nous puissions définir une feuille de route de l’opposition. Une feuille de route qui donnerait les clauses, les accords, parce  qu’au niveau du parti Restaurer l’espoir, vous comprendrez avec moi, que nous sommes très sensibles au respect de la parole donnée. Depuis que le parti existe, nous avons été de tous les combats parce qu’à des moments donnés, nous estimons que la parole donnée, les accords signés sont sacrés. Donc au nom de cette expérience, nous avons bien voulu que l’opposition puisse procéder ainsi. Malheureusement, nous responsables du parti Restaurer l’espoir, avons constaté que l’opposition, surtout par le truchement de l’Usl, traînait les pas à aller dans le sens des propositions d’unification. C’est ainsi que le parti Restaurer l’espoir a décidé de se conformer aux exigences qu’imposent aux partis la nouvelle Charte des partis politiques en République du Bénin. Donc le 14 décembre 2018, nous nous sommes conformés. Nous avons déposé comme il se doit par exploit d’huissier nos dossiers de mise en conformité au ministère de l’intérieur. Et dans la foulée, nous avons constaté le 15 décembre 2018 que l’Usl, par le truchement de ses responsables, a lancé l’appel à la naissance du Garnd Usl. Ce qui est à l’antipode, contraire aux valeurs d’unicité, de rester ensemble, de former un grand Bloc que nous prônons. Et là, le parti Usl décide de recruter des partis politiques et dans leur élan, dans leur velléité de recruter des partis politiques, ils ont voulu recruter aussi le parti Restaurer l’espoir. Mais nous avons donné des détails sur le fait que nous existons juridiquement. Et la question qui se pose à nous, c’est comment se fait-il qu’un parti qui existe juridiquement, qui s’est conformé aux lois de la République, puisse se fondre en un parti qui juridiquement n’existe pas ? C’est une grande question, car, pour nous, juridiquement, le parti Usl ne s’est pas encore conformé aux nouvelles exigences de la  Charte des partis politiques en République du Bénin. Ce sont ces questions que nous sommes en train de nous poser et aussi, nous comprenons que ce que demandent les populations c’est que nous puissions aller ensemble afin de pouvoir libérer le parlement. Mais cela ne doit pas se procéder par le recrutement des partis politiques sous la bannière d’un autre parti politique. Un parti politique ne peut pas chercher à humilier, à soumettre ses alliés ou potentiels alliés. C’est dans cette discussion que nous étions lorsque nous avons constaté que ce dimanche 06 janvier 2019, M Géraldo Gomez est parti annoncer à la radio que le parti Restaurer l’espoir ne ferait pas partie de l’opposition. Pour nous, il faut situer les faits.

 

Avec cette guéguerre, est-ce que le parti Re est toujours dans la logique d’une unification de l’opposition ?

Nous sommes les premiers à prôner l’unification de l’opposition et je continue de dire que les discussions se poursuivent. Malgré notre mise en conformité, nous continuons de laisser la porte ouverte aux discussions. Mais pour nous, il est impensable qu’un membre de l’opposition puisse faire la déclaration faite par le secrétaire général du parti Usl. Il est temps que nous puissions regarder dans la direction exigée par le peuple. Il est temps que nous puissions comprendre que ce qui importe aujourd’hui, c’est que le parlement puisse être libéré. Et toujours dans un sens d’anticipation, nous avons bien voulu  joindre les hommes et les femmes qui sont désireux de libérer le parlement avec nous. Cela n’est à l’antipode d’aucune négociation. Cela n’est en porte-à-faux avec aucune négociation parce que le parti Usl avait pensé que nous ne serions pas en mesure de nous conformer. Et en ce moment précis, il demandera de rentrer dans les rangs ou de disparaître. On ne demande pas à un parti d’opposition qui a une autonomie organisationnelle, parce que nous avons pu regrouper les dossiers dans les 77 communes. Cela montre déjà que nous avons une autonomie organisationnelle. Nous voulons que les autres composantes de l’opposition plus principalement le parti Usl puisse comprendre que déjà par ce fait, par notre organisation, les débats devraient être sérieux empreints de respect mutuel. Quand on recrute des partis politiques, quand on loue des logos, quand on recrute des députés autour d’un candidat, vous et moi pouvons savoir ce que ça donne. Evitons de répéter l’histoire. Il est temps que l’unification prônée par le peuple puisse être sincère, une unification de respect, une unification consensuelle. Et le parti Restaurer l’espoir est dans la dynamique des discussions. Et comme je l’ai dit tout à l’heure, en tant que secrétaire général de ce parti, le plus important pour nous c’est la libération du parlement. Ceux qui ont fragilisé ou qui sont en train de fragiliser l’opposition, qu’ils aillent l’expliquer au peuple. Nous n’allons pas nous laisser distraire parce que le plus important pour le peuple aujourd’hui, c’est la libération du parlement.

 

 Propos recueillis par Bertrand HOUANHO

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