Les organisations syndicales ont dans une déclaration conjointe, en date du 28 mars, fait part de leur lecture de la situation sociopolitique qui prévaut dans le pays. A travers ce…

Crise préélectorale au Bénin Les syndicats mettent en garde les politiciens

Crise préélectorale au Bénin Les syndicats mettent en garde les politiciens

Les organisations syndicales ont dans une déclaration conjointe, en date du 28 mars, fait part de leur lecture de la situation sociopolitique qui prévaut dans le pays. A travers ce message, ils appellent à la préservation de la paix et mettent en garde les politiciens contre toute remise en cause des acquis démocratiques.
« La situation politique actuelle est assez préoccupante. L’impasse semble s’épaissir et les travailleurs ont de plus en plus le sentiment que les acteurs politiques n’ont pas pris encore la mesure de l’enjeu afin d’œuvrer véritablement pour le dégel et sortir de la crise pré-électorale dans laquelle se trouve notre pays. L’espace politique est devenu presque exclusivement l’arène des petites phrases et des déclarations sans impact réel sur le blocage actuel sinon juste occuper les réseaux sociaux et en ajouter à la sinistrose. Tout se passe comme si tout cela se résumait juste à un concours d’occupation du net, à une empoignade communicationnelle sans aucun égard pour les citoyens stressés ». Telle est la lecture faite par les partenaires sociaux.
Cette situation selon les secrétaires généraux des syndicats est dûe à la crise de confiance qui selon eux « semble profonde entre les différentes chapelles politiques et il est à craindre que tout cela ne conduise à l’effondrement de notre expérience démocratique ». Par ailleurs, ils soulignent que « Depuis une dizaine de jours, les regards sont tournés vers l’Assemblée Nationale où les députés ne semblent pas se soucier de la tenue à bonne date des élections à venir ».
Aussi, ajoutent-ils dans leur déclaration que « Les organisations syndicales des travailleurs du Bénin, signataires de la présente déclaration expriment leurs préoccupations face à l’indigence du débat politique actuel et face à la désinvolture des acteurs politiques dans la gestion du blocage qui se présente ». ’
Les syndicats rappellent à « tous les protagonistes, les sacrifices consentis par les travailleurs et le peuple pour l’avènement du Renouveau démocratique ». Pour eux, le combat pour la démocratie et l’Etat de droit a toujours été celui des travailleurs en priorité.
Les organisations syndicales réaffirment leur légitimité à mettre en garde la classe politique contre les pratiques qui mettent en péril la paix sociale et la quiétude nécessaires à l’épanouissement du citoyen.
Elles rappellent aussi aux acteurs politiques que l’Etat de droit et la démocratie sont entretenus et consolidés par le respect des textes en vigueur dans un pays.
Pour celles-ci, « en 1990, le consensus est l’ingrédient qui a permis le succès de la Conférence nationale et conduit notre nation sur la voie de la démocratie et de l’Etat de droit ». C’est pourquoi, « Elles appellent les membres de l’Assemblée nationale à cesser les calculs individuels pour trouver le consensus vertueux et bénéfique pour le peuple ».
Les partenaires sociaux demandent à « chacun des acteurs (gouvernement, majorité présidentielle, opposition, membres de la CENA, parlement, Cour constitutionnelle, etc) de jouer leur partition dans le respect des aspirations du peuple à la paix et au développement ».

Le désarroi

Les organisations syndicales dénoncent
« La légèreté avec laquelle des lois sont remises en cause pour le confort de ceux qui n’ont pas hésité à mettre les travailleurs en situation difficile avec une législature qui n’a pas été gênée par la prise de lois scélérates comme celle sur les conditions d’embauche, celle portant statut général de la fonction publique et celle sur l’exercice du droit de grève ». Aussi expriment-elles leur perplexité face à la facile unanimité des acteurs politiques pour remettre en cause des lois qu’ils ont votées et promulguées et qu’ils sont incapables de s’appliquer eux-mêmes. « Si aujourd’hui, la charte des partis et le code électoral peuvent être remis en cause sans état d’âme parce qu’ils sont des textes destinés à “des citoyens au-dessus de leurs mandants”, quel est alors le sens de leur statut de représentants du peuple ? », s’interrogent-elles.
Cela montre affirment ces syndicalistes, la légèreté avec laquelle, les lois sont votées sans une étude approfondie des implications et conséquences sur la vie de la population. « A quand donc la relecture des lois sur l’embauche, sur le statut général de la fonction publique et sur celle portant exercice du droit de grève ? », se demandent-elles.
Les syndicats pensent que « La politique doit servir aussi à l’éducation à la citoyenneté des populations. Et les travailleurs exigent de nos représentants politiques qu’ils éduquent par l’exemple, le bon exemple, en respectant les lois qu’ils votent ». C’est pourquoi, les organisations syndicales exigent de tous les acteurs politiques béninois les comportements responsables pour « L’organisation des élections consensuelles et inclusives, à bonne date et sans prorogation de mandat de la législature en cours ». Les syndicats exigent aussi « La préservation de la paix sociale, de l’unité et de la cohésion nationale pour l’épanouissement des citoyens » et « L’égalité des citoyens devant l’application des lois en vigueur ».
‹‹En tout état de cause, les organisations syndicales des travailleurs ne permettront à aucun acteur politique de mettre en péril les acquis démocratiques››, conclut la déclaration signée par les secrétaires généraux des organisations syndicales des travailleurs du Bénin.

G.A.