Quelques anciens proches collaborateurs de l’ancien président Nicéphore Soglo ont adressé une lettre ouverte à celui-ci pour le rappeller à l’ordre. Ils sont 37 personnalités à signer cette lettre qui…

Situation sociopolitique au Bénin Des anciens collaborateurs rappellent à l’ordre Nicéphore Soglo

Situation sociopolitique au Bénin Des anciens collaborateurs rappellent à l’ordre Nicéphore Soglo

Quelques anciens proches collaborateurs de l’ancien président Nicéphore Soglo ont adressé une lettre ouverte à celui-ci pour le rappeller à l’ordre. Ils sont 37 personnalités à signer cette lettre qui demande à l’ancien président d’adopter une posture de sage et de leader exemplaire face à la situation sociopolitique que traverse le pays.

« La présente démarche s’enracine dans l’estime que nous avons su préserver pour vous », précisent-ils à l’entame de cette démarche. Au regard du respect de ses fonctions à la tête de ce pays, notamment en tant que Premier Ministre, puis Président de la République du Bénin de 1990 à 1996, ils soulignent que « De tout cela résulte une image qui vous auréole et que, malheureusement, votre comportement actuel est en train de détruire, irrémédiablement, si nous n’y mettons garde ». Ils précisent que  » il s’agit de votre comportement dans ce qu’il est convenu d’appeler la crise électorale, crise liée à l’organisation des élections législatives du 28 Avril 2019 ! » Pour ceux-ci  » Au commencement se trouvent deux lois, la loi n°2018-23 du 17 septembre 2018, portant Charte des Partis en République du Bénin, et la loi n° 2018-31 du 09 octobre 2018, portant Code Electorale en République du Bénin. Elles ont été votées par l’Assemblée Nationale de notre pays à l’unanimité, moins une seule voix ; ont bénéficié du visa de conformité de la Cour Constitutionnelle, et ont été promulguées par le Chef de l’Etat. A partir de ce moment, elles s’imposent à tous les citoyens de notre pays ». Faisant l’historique du processus jusqu’à l’éligibilité des partis au regard de la charte puis de l’échec du consensus voulu par le chef de l’État à l’Assemblée nationale, ces cadres pensent que « C’est véritablement, à partir de ce moment que la crise a éclaté au grand jour ! Suite au refus bien compréhensible du Président Talon de partager votre interprétation pernicieuse de la Constitution, en abrogeant par ordonnance les 2 lois sus-citées, vous vous êtes alors lancé dans une fuite en avant, en posant une succession d’actes répréhensibles et attentatoires à l’ordre républicain et à la paix civile ».
« Vous avez publiquement menacé d’empêcher le déroulement des élections », « Vos menaces ont connu un début d’exécution », fustigent-ils à l’endroit du président Soglo.
Par ailleurs, ils signalent que « des individus instrumentalisés ont mené des actions violentes avec l’intention manifeste de perturber gravement le processus électoral. Fort heureusement, avec l’aide de la population et grâce au professionnalisme des forces de Défense et de Se écurité, ces actions violentes ont pu être circonscrites à un nombre limité de localités ou arrondissements (Parakou, Bante, Tchaourou, etc), et les élections ont eu lieu à la date prévue, sur la quasi-totalité du territoire ». Aussi relèvent-ils que l’ancien chef de l’État a ’’lancé un ultimatum au Chef de l’Etat, dans le but d’empêcher la proclamation des résultats, et d’annuler tout le processus électoral. En vain, une nouvelle fois ».
Pour les signataires de la lettre ouverte, son ’’acolyte Boni Yayi a décidé de s’offrir en martyr : Talon doit marcher sur son cadavre s’il veut aller au terme du processus électoral ; et il a rassemblé chez lui à Cadjèhoun des badauds drogués pour créer du désordre dans la ville de Cotonou ». Selon eux « les Forces de défense et de sécurité ont dû intervenir pour contenir la meute et maintenir l’ordre » et le processus est allé à son terme.
 » Quel n’a pas été notre étonnement, voire notre indignation quand, après tout cela, vous et votre acolyte, vous persistez dans l’erreur en faisant appel à l’Etranger pour intervenir dans les affaires intérieures de notre pays », déplorent-ils.
Ainsi pour eux Nicéphore Soglo vient ’’de franchir le Rubicon et nous osons vous dire, très fermement, trop, c’est trop ».
Il apparaît clairement disent-ils  » que ce sont les deux anciens présidents que vous êtes, vous-même et Boni Yayi, qui avez essayé de mettre notre pays à feu et sang, dans une tentative désespérée pour écourter le mandat du président Talon ». Ils demandent au président Soglo de rentrer en lui-même pour retrouver son calme et la paix intérieure. « Votre passage à la tête de notre Etat a permis à notre pays de sortir de l’ornière et de réamorcer sa marche sur la voie du progrès. C’est ce résultat qui fonde l’estime et la considération que chacun d’entre nous continue à vous porter, pour combien de temps encore ? », soulignent-ils.

G. A.

Encadré
Les signataires de la lettre ouverte

1- Ahoyo Jean-Roger, ancien directeur de cabinet et ancien ministre du président Soglo ;

2- Gbégnonvi Roger, ancien ministre :
3- Zinzindohoué Abraham, ancien président de la Cour suprême, ancien ministre, et député à l’Assemblée nationale ;
4- Alladayè Jérôme, Professeur à l’Uac ;
5- Guédou G. Georges, ancien ministre du président Soglo ;
6- Dassi Michel, économiste ;
7- Alavo Auguste, ambassadeur ;
8- Alavo Gino, économiste ;
8- Hazoumè Marc, ancien fonctionnaire (Unesco) ;
9-Vignon Honoré, ancien fonctionnaire international (U.i.t) ;
10- DEGBE Georges, Océanographe ;
11- ZINSOU François, Sociologue ;
12- AKOKI Paulin, Professeur de Philosophie ;
13- LOKONON Barthélemy, Expert en Systèmes Financiers Décentralisés ;
14- GUISSI HOUEGBELO Gabriel, Instituteur ;
15- TOKANNOU. K. Emile, Instituteur ;
16- HOUEGBELO C. Abdel, Instituteur ;
17- BOCOHONSI Ignace, Instituteur ;
18- HOUEGBELO. G. T. Félix, Technicien BTP ;
19- Daà MEGNIGBETO, Instituteur, Chef de Collectivité ;
20- GBINLO Séraphin. Inspecteur de l’Enseignement Primaire ;
21- Koulo Firmin, Professeur de l’Enseignement Technique ;
22- Mèvo Timothée, Inspecteur de l’Enseignement Primaire ;
24- Sehouè Christophe, Directeur d’Ecole ;
25- Tottin Rigobert, Inspecteur de l’Enseignement Primaire ;
26- Akpamoli Victor, Inspecteur de l’Enseignement Primaire ;
27- Assogba Raphaël, Agent du développement Rural ;
28- Azelokonon Fabrice, technicien des communautés de développement ;
29- Ekpahle Rogatien, enseignant ;
30- Badou Roméo, étudiant ;
31- Amoussou Olga, ménagère ;
33- Assogbaga Armel, opérateur de Saisie ;
34- Ekpodessi Mathias, professeur de l’Uac à la retraite ;
35- Akoha Albert Bienvenu, professeur à l’Uac ;
36- Capo-Chichi Solange ;
37- Doubogan Marc Didier.

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