La dynamique de réformes en cours au Bénin n’épargne pas le corps des soldats du feu. Le Groupement national des sapeurs-pompiers (Gnsp) enregistre, depuis 2016, un renforcement de son équipement…

Corps des sapeurs-pompiers: La carte des centres de secours élargie, les impacts déjà perceptibles

Corps des sapeurs-pompiers: La carte des centres de secours élargie, les impacts déjà perceptibles

La dynamique de réformes en cours au Bénin n’épargne pas le corps des soldats du feu. Le Groupement national des sapeurs-pompiers (Gnsp) enregistre, depuis 2016, un renforcement de son équipement technique avec, à la clé, l’extension de la carte des centres de secours.

Du Mono à la Donga en passant par les autres départements au Bénin, des centres de secours poussent tels des champignons grâce à la volonté du gouvernement du Nouveau départ. Depuis 2016, en effet, sont créés au profit du Groupement national des sapeurs-pompiers (Gnsp) les centres de Comé, de Sèmè-Kraké, de Pobè, de Banikoara, de Kandi, de Malanville et de Djougou.
A cette série d’unités déjà opérationnelles, le commandant de la Compagnie des sapeurs-pompiers du Mono et du Couffo, Antoine Ahouandjinou, ajoute que « les centres de Tanguiéta et d’Aplahoué seront bientôt ouverts ». Mais ce n’est pas tout.
D’autres communes comme Dogbo s’engagent à accompagner la dynamique du gouvernement en s’efforçant de réunir, à partir de leurs ressources propres et relations extérieures, les conditions d’accueil d’autres unités. Sous peu donc, le maire Vincent Acakpo et son conseil communal pourraient obtenir à Dogbo le deuxième centre de secours du Couffo. « Est-ce normal que l’on continue d’attendre que des sapeurs-pompiers viennent d’un  autre département quand un sinistre survient dans le Couffo ? », justifie Jules Codjo Tohoundé, conseiller communal de Dogbo.
En plus de la situation du Couffo, les nouvelles unités visent donc à corriger un tort, une injustice qui frappe certaines communautés depuis l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. Le chef du centre de secours de Lokossa retient qu’il s’agit d’un gros retard longtemps favorisé par l’absence d’une volonté politique marquée. Le sergent-chef Anicet Da-Gloginon poursuit que « le minimum à offrir aux populations au titre des priorités est la disponibilité du service de secours ».
A sa suite, le commandant de la compagnie renchérit que « même si on ne peut pas prévoir les cas de sinistre, il est nécessaire de pouvoir agir promptement quand cela survient ». Cette promptitude souhaitée ayant souvent souffert de la longue distance séparant la plupart des lieux de sinistre de la base des sapeurs-pompiers, l’élargissement de la carte constitue une réforme de bon aloi et utile. L’adjudant Antoine Ahouandjinou confirme qu’« il est indispensable que les services des sapeurs-pompiers soient plus proches des populations pour réduire les délais d’intervention ». L’idéal serait, selon lui, de voir chacune des 77 communes dotée d’au moins un centre de secours.

Renforcement des capacités d’intervention

Pour le gouvernement du président Patrice Talon, l’objectif des réformes ne se résume pas à la proximité avec les communautés. Ces réformes visent surtout à faire en sorte que la prompte réaction induite par la réduction des distances soit synonyme d’intervention réussie. Pour y parvenir, le gouvernement investit des moyens colossaux dans la dotation en équipements de travail. La compagnie de Lokossa ainsi que ses centres de secours en sont impactés. « On note un accroissement significatif des quantités de produits nécessaires pour faire face aux sinistres et la réduction considérable de pénuries et de pannes de véhicules », clarifie le commandant de la compagnie, Antoine Ahouandjinou. Entre autres, un nouveau véhicule-pompe et une ambulance renforcent, depuis peu, le parc automobile de la compagnie. Le sergent-chef Anicet Da-Gloginon relève, à son tour, des articles inédits dans les dotations. « Par exemple, nous avons reçu l’accoutrement d’intervention dans les incendies d’hydrocarbures et des kits de désincarcération. Nous sommes mieux outillés », se réjouit-il.
En réponse à ces sollicitudes du gouvernement, les soldats du feu font preuve d’efficacité sur le terrain. Entre autres, le mardi 7 mai dernier, l’adjudant Ahouandjinou et ses éléments ont « géré avec succès » un cas d’incendie à Hilla-Condji-Togonmin, une localité frontalière de la commune de Grand-Popo. Le bilan aurait pu s’alourdir avec d’importants dégâts matériels et des pertes de vies humaines. « Cet incendie était à risque élevé de propagation en raison du courant marin et de la juxtaposition de stocks d’essence », explique le commandant. Les flammes ont été maîtrisées grâce à la promptitude dans la réaction et la disponibilité du matériel de travail, fait savoir le commandant de la compagnie de Lokossa. Les mêmes diligences s’observent à l’occasion des cas d’excavation devenus fréquents, à en croire le sergent-chef Anicet Da-Gloginon. Les sollicitations pour les excavations sont dominantes sur le registre de la compagnie du Mono et du Couffo, selon les soldats du feu qui assurent que si leur réaction avait eu à souffrir de l’état défectueux des moyens roulants, ce n’est plus le cas depuis la mise en œuvre des réformes. L’on se rappelle que peu avant la nouvelle dynamique de réformes au Bénin, le grand incendie qui s’était déclaré dans la même localité de Hilla-Condji, toujours à partir du commerce de l’essence de  contrebande, n’avait pu être maîtrisé. Les flammes avaient réduit en cendres voitures et beaucoup d’autres biens qui se trouvaient sur leur passage. L’équipe de la compagnie sise à Lokossa ayant connu une panne sur le trajet, les renforts sollicités de Ouidah et de Cotonou n’avaient pas pu répondre, non plus, à temps. Cet exemple tout comme beaucoup d’autres difficultés attiraient des railleries sur la corporation.

Rétablir la confiance

Désormais plus outillés, il revient aux soldats du feu de redorer leur blason, de gagner à nouveau la confiance de la population sur tous les volets de leur mission. Outre la gestion des incendies et des excavations, en effet, leur mission s’étend à beaucoup d’autres volets souvent ignorés. Les unités du Gnsp peuvent être sollicitées au numéro vert 118, pour porter assistance à femme en travail ou pour sauver d’une noyade. Placé sous tutelle de l’Armée de terre par décret numéro 90-192 du 20 août 1990, le Gnsp qui était désigné Service des incendies (1953) puis Service des calamités et secours (1977) intervient également pour le sauvetage en cas d’invasion d’abeilles ou de chien enragé. Les sapeurs-pompiers sont très souvent présents au chevet des blessés d’un accident de la circulation. Autant de fronts sur lesquels ils sont sollicités, de nuit comme de jour, mais dont la réussite dépend en partie de la bonne collaboration de la population.
En vue de renforcer cette collaboration, le commandement du Gnsp a instruit les compagnies d’organiser des séances semestrielles et populaires de formation sur la prévention du secours civil. La toute première édition que Lokossa a abritée, pour le compte du Mono, s’est déroulée le vendredi 21 juin 2019. Elle a porté sur les premiers gestes de secours aux victimes suivant les cas de sinistre. A l’occasion, il a également été question de la bonne formulation des alertes au moyen des lignes téléphoniques des centres de secours.

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