(Déjà 2ans d’intérim) Bientôt deux ans que Isidore Gnonlonfoun assure l’intérim à la tête de la mairie de Cotonou, suite à la révocation du maire Léhady Soglo. Et depuis lors,…

Mairie de Cotonou : Difficile succession de Léhady

Mairie de Cotonou : Difficile succession de Léhady

(Déjà 2ans d’intérim)

Bientôt deux ans que Isidore Gnonlonfoun assure l’intérim à la tête de la mairie de Cotonou, suite à la révocation du maire Léhady Soglo. Et depuis lors, son successeur n’est pas connu.

 

L’ex-maire de la capitale économique du Bénin, Léhady Vinagnon Soglo, a été révoqué pour de supposés manquements dans sa gestion à la tête de l’hôtel de ville de Cotonou. Le Conseil des ministres en date du 2 août 2017, a entériné sa décision de suspension prise par le ministre de tutelle, Barnabé Dassigli, en charge de la Décentralisation juste après son « audition » par le préfet d’alors, Modeste Toboula. Les choses sont allées très vite dans ce dossier que beaucoup ont qualifié de politique. En effet, deux mandats d’arrêt ont été émis contre l’ex-maire, opposant au Pouvoir de Patrice Talon. Le premier mandat requis par le Procureur de la République près le Tribunal de 1ère instance, de première classe de Cotonou est relatif à la résistance que Léhady Soglo aurait  opposé à la police, vendredi 28 juillet 2018 alors que celle-ci voulait perquisitionner son domicile. Le second concerne une prétendue incinération des valeurs inactives  de la Mairie de Cotonou. N’ayant pas « digéré » la façon dont il a été évincé de son fauteuil, Léhady Soglo, qui vit depuis deux ans en exil en France, a introduit un recours gracieux auprès du gouvernement, conformément à l’article 827 du code de procédure civile et administrative, mais cela n’a pas prospéré. Il porta ainsi le contentieux devant la chambre administrative de la Cour suprême en demandant l’annulation de l’acte de sa révocation. Mais à l’issue de l’audience du 11 avril 2019, le fils de l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo, perd définitivement le combat. La haute juridiction, après examen de la requête, est allée dans le sens du gouvernement en confirmant la révocation.

Quid de l’intérim de Gnonlonfoun

Depuis la révocation définitive de L’ex-maire de Cotonou Léhady Soglo suite à la décision de la cour suprême, aucune autre initiative n’a été prise en vue de pourvoir au poste du maire « titulaire » de la ville de Cotonou. Et, depuis 24 mois, c’est Isidore Gnonlonfoun qui assure l’intérim, visiblement très réservé. Beaucoup pensent que le maire intérimaire n’a pas les coudées franches pour diriger comme il se doit la ville vitrine du Bénin. Même si le gouvernement de la Rupture a voulu montrer qu’il est respectueux des textes en laissant la justice vider d’abord le contentieux, il faut tout de même reconnaître que d’avril dernier à ce jour, l’eau a coulé sous le pont. Qu’est-ce qui retarde alors l’élection du successeur de Vinagnon Léhady Soglo ? L’oiseau rare est-il aussi difficile à trouver parmi les 48 autres conseillers de la municipalité de Cotonou ? Ou bien,  est-ce le doute quant au soutien du Parti du renouveau démocratique (Prd) aux actions du gouvernement, avec l’actualité des législatives dernières qui fait durer le suspense ? En effet, bien avant le processus électoral qui semble crisper les relations entre le Chef de l’Etat Patrice Talon et le président du Prd, Me Adrien Houngbédji, les rumeurs annonçaient un candidat du Prd pour prendre les rênes de la municipalité. Ce qui ne serait possible sans la bénédiction du chef de la majorité au pouvoir. Avec la nouvelle donne politique induite par la crise électorale, cette thèse est-elle encore plausible ? Autrement dit, cette nouvelle donne aurait-elle amené Patrice Talon à décider du maintien de Isidore Gnonlonfoun au poste pour les quelques mois qui séparent des élections municipales de 2020? Rien n’est moins sûr.