Les orientations de la Conférence des forces vives de la nation ne sont pas méprisées. Loin de là ! Le gouvernement du président Patrice Talon est plutôt dans la logique…

Alain Orounla à propos des 30 ans de la Conférence nationale: « Le Bénin a connu plus d’avancées en quatre ans… »

Alain Orounla à propos des 30 ans de la Conférence nationale: « Le Bénin a connu plus d’avancées en quatre ans… »

Les orientations de la Conférence des forces vives de la nation ne sont pas méprisées. Loin de là ! Le gouvernement du président Patrice Talon est plutôt dans la logique du renforcement des acquis démocratiques. C’est ce qu’a expliqué, vendredi 21 février dernier, Alain Orounla, ministre de la Communication et de la Poste, lors de la deuxième édition de l’initiative “Le gouvernement face à la presse”.

« La Conférence nationale des forces vives de la nation a mis fin à un régime militaro-marxiste, un régime autocratique qui étouffait les libertés de tous genres, pour jeter les bases de la démocratie. Cette historique conférence, au regard de son issue, a été un succès puisque le Bénin est passé d’un extrême à l’autre: multipartisme intégral, alternance démocratique, liberté d’expression et d’association… Aujourd’hui encore, les acquis de cette conférence restent les bases de la démocratie béninoise ». C’est là, une certitude que soutient le porte-parole du gouvernement, Alain Orounla, ministre de la Communication et de la Poste. C’était à l’occasion de l’acte 2 de l’initiative “Le gouvernement face à la presse”, consacré spécifiquement à la commémoration des 30 ans de la Conférence nationale. Le ministre Alain Orounla rappelle que le chef de l’Etat s’est joint à cette commémoration à travers une sortie médiatique qu’il qualifie d’opportune et de pédagogique. « Cette sortie vient démontrer que le leadership du président de la République s’inscrit dans la dynamique de la préservation des acquis de la Conférence nationale », a indiqué le porte-parole du gouvernement. Il a réaffirmé l’attachement du président de la République aux valeurs démocratiques. Mais il précise que la préservation des acquis de la Conférence ne s’oppose pas à l’évolution constructive de la nation pour répondre aux défis du moment. Les trente ans de la Conférence nationale des forces vives donnent, selon le ministre Alain Orounla, l’occasion de mener des réflexions profondes pour évaluer ce que les différents gouvernements ont fait des acquis en 26 ans, et ce que le président Patrice Talon en a fait en trois ou quatre ans. L’action du chef de l’Etat est, selon le ministre, la conséquence du constat fait après 26 ans de démocratie au Bénin.

 

Constat 26 ans après !

« Grâce à la Conférence nationale, le pays a connu des élections régulières et l’alternance au sommet de l’Etat. La démocratie fonctionne. Le peuple béninois pourrait être fier de ses acquis. Mais l’exercice du pouvoir a démontré, 26 ans plus tard, que les institutions de la République n’étaient pas équilibrées. On note notamment une superpuissance de l’Exécutif. Les élections sont organisées mais dans des conditions pénibles, faute de moyens… Nous avions un multipartisme débridé avec une foule de partis et mouvements politiques… Cette démocratie s’est révélée peu performante car elle ne produisait pas des résultats capables de relever l’économie nationale… ». C’est, à en croire le ministre Alain Orounla, l’état des lieux de la mise en œuvre des résolutions issues de la Conférence des forces vives de la nation, à la prise de fonction du chef de l’Etat en 2016. Il ajoute que la Conférence, même si elle a été une réussite, n’a pas été parfaite. Entre autres signes marquants qui l’en témoignent, il rappelle la candidature du premier ministre de la période de transition à la première élection démocratique alors même que la conférence en avait décidé autrement puis le retour au pouvoir du président Mathieu Kérékou pour dix ans encore.
L’autre signe marquant, ce sont les différentes tentatives de révision constitutionnelle, du président Mathieu Kérékou au président Patrice Talon en passant par Boni Yayi. Ces tentatives n’ont pas abouti parce qu’elles ont été souvent jugées opportunistes, mais le fait que tous les présidents aient envisagé une révision montre bien que cette constitution posait problème. « De plus, la plupart des acteurs de la société civile et des partis politiques étaient tous d’accord sur le fait qu’il fallait réviser la Constitution », renchérit le porte-parole du gouvernement. Le troisième signe de dysfonctionnement de la démocratie est, poursuit-il, le système politique débridé avec des mouvements et partis politiques de quartier, de maison, fondés sur des velléités individuelles. « Les institutions flottaient au rythme des privilèges. Cette démocratie était loin d’être parfaite. Au point où le président Boni Yayi l’avait même qualifiée de démocratie nescafé », relève le ministre Alain Orounla. Il rappelle que, candidat à la présidentielle, Patrice Talon avait déjà soulevé ces dysfonctionnements et annoncé des réformes pour la consolidation de la démocratie. C’est sur la base de son projet qu’il sera élu à plus de 65 % des électeurs.

Thérapie de choc

« Arrivé en 2016, le chef de l’Etat a décidé de rompre avec tout ce qui étouffe la démocratie béninoise. Dans le Programme d’action du gouvernement (Pag), il a donné la part belle aux réformes structurelles avec une priorité à l’amélioration des conditions de vie des Béninois notamment à travers le pilier 3. Pour ce faire, il a fallu transformer l’économie béninoise qui était essentiellement informelle. Le pilier 1 du Pag est, quant à lui, consacré à la consolidation de la démocratie et au renforcement de l’Etat de droit. Ce qui a été fait à travers plusieurs lois qui ont pour finalité la consolidation de la démocratie. Cela s’inscrit dans l’esprit de la conférence. Tout se fait en référence et sur le fondement des principes démocratiques issus de la Conférence ». C’est ce qu’il y a lieu de retenir de la démarche réformatrice du président Patrice Talon, expliquée et commentée par le ministre Alain Orounla.
Abordant respectivement les lois portant charte des partis politiques, code électoral, statut de l’opposition, financement des partis politiques, le porte-parole du gouvernement rappelle qu’elles ont été votées par les représentants du peuple. Il martèle qu’aucune réforme n’a eu pour objectif de dire qu’il n’y aura qu’un ou deux partis politiques au Bénin ; ce sont les conditions d’existence des partis qui ont été revues avec plus de rigueur pour rendre les partis politiques plus représentatifs et les acteurs politiques plus responsables. « Lorsqu’un chef d’Etat pense à faire voter une loi sur le statut de l’opposition, c’est la démocratie par excellence. Cela veut dire qu’il a le souci d’entendre les voix opposées. C’est plus que l’esprit de la conférence. Une loi sur le financement des partis politiques, c’est ça la démocratie ! L’Etat prend sur lui la responsabilité de dégager un quota des fruits des réformes structurelles pour permettre aux formations politiques d’animer la vie politique comme il se doit! La démocratie fonctionne! Et pour mettre en harmonie toutes ces lois, il fallait procéder à la révision de la Constitution. Cette révision ne s’est pas faite de façon unilatérale ; c’est une révision salvatrice qui a été obtenue à la suite d’un dialogue politique», argumente le ministre de la Communication et de la Poste. A l’en croire, toutes ces réformes ont porté des fruits : « Les résultats sont là, les institutions fonctionnent, les élections sont organisées à bonne date, les financements sont débloqués assez tôt pour permettre à la Céna de faire son travail. Le Bénin avance, l’économie est plus résiliente… Nous avons avancé en trois ou quatre ans plus que nous l’avons fait en 26 ans. Le chef de l’Etat a dû mettre en œuvre une thérapie de choc ».

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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