Cette réaction un peu plus ferme du gouvernement, même si elle aurait dû être immédiate dès l’entrée du coronavirus en Afrique était attendue. A l’arrivée, après le premier cas confirmé…

Lutte contre le coronavirus au Bénin : Au-delà des mesures, le suivi

Lutte contre le coronavirus au Bénin : Au-delà des mesures, le suivi

Cette réaction un peu plus ferme du gouvernement, même si elle aurait dû être immédiate dès l’entrée du coronavirus en Afrique était attendue. A l’arrivée, après le premier cas confirmé du Covid-19 au Bénin, une pile de mesures à travers un Conseil extraordinaire des ministres a été prise dans la nuit du mardi dernier. Pour l’essentiel, on retient qu’au vu de la perméabilité des premières décisions, un pas vers la fermeté contre le coronavirus a été franchi. Entre interdiction, suspension, limitation et recommandation, l’effort de la mise en œuvre d’un dispositif pour contrer la propagation du coronavirus a été fait.
Cependant, tenant compte de l’échec des pays plus équipés que le nôtre dans la riposte et le combat face à ce virus qui est d’actualité et amène les plus puissants de ce monde à se barricader, des Béninois restent sur leur faim. Car, jusqu’ici, l’impression générale est qu’on s’amuse avec le feu. Disons-le à qui veut l’entendre, la santé passe avant l’économie, la politique, l’éducation, la religion. Puisque sains d’esprit et de corps devons-nous être avant tout, il faudra tout de suite, ne serait-ce que jusqu’à ce que ce mauvais vent qui souffle passe, que le Bénin aille vers des décisions beaucoup plus fermes. S’il est déjà bien que le gouvernement prenne la mesure de la situation avec les 11 points de restriction et d’interdiction contenues dans le Conseil extraordinaire des ministres du mardi dernier, il en faudra plus.

Mesures d’accord, suivi surtout
Sinon, le tout ne suffit pas d’écrire noir sur blanc qu’il y a des mesures, qu’il y aura un suivi, des sanctions et d’inviter les populations à faire preuve de bonne foi. Le réalisme recommande surtout d’anticiper toujours sur le pire. La preuve, dans un pays où l’incivisme règne en maître, il a fallu que l’auto-isolement d’un expatrié montre ses limites, avant qu’on ne sorte de notre torpeur et qu’on ne passe à la vitesse supérieure. Et même là, il y a des doutes que le Bénin dispose d’assez de logistiques et des ressources humaines pour un vrai suivi dans l’optique de prévenir un enchaînement de cas de coronavirus comme c’est déjà le cas dans nombre de pays et même dans la sous-région.
En réalité, comment les autorités sanitaires comptent-ils s’y prendre, pour véritablement faire respecter les distances de sécurité dans les Eglise, les mosquées, les transports en commun ? Par quelle magie, veulent-elles, à l’aide d’un communiqué, mettre à l’abri nos enfants et nos mamans dans les écoles, les collèges, les universités, les marchés et les lieux de culte ? Pour l’isolement dans les hôtels qui nécessite du personnel sanitaire bien équipé pour des contrôles et des soins aux patients, de sérieuses questions sont également à se poser.

Regarder la réalité en face !
Bref, osons le marteler pour circoncire au plus tôt le mal au Bénin : le coronavirus n’est pas une blague. Face à cette pandémie, n’allons pas à tâtons. Cela suppose qu’il est urgent d’aller à une plus forte sensibilisation, de déployer non seulement des moyens colossaux mais surtout de ne pas être laxiste dans le suivi de tous les instants. Apparemment et conscient des mentalités et comportements du Béninois, rien qu’en ce qui concerne les mesures prises mardi dernier, ce sera plus facile à dire qu’à faire respecter. Pourtant, l’heure est grave et si le chirurgien a peur d’user à temps de sa lame pour extirper de notre pays le coronavirus, il est clair qu’à force d’être dans le politiquement correct, le risque est plus fort d’être amené à jouer au médecin après la mort. Ça, personne ne le souhaite. Alors, regardons la réalité en face et contre un coronavirus sans visage et sans pitié, agissons plus convenablement pour ne pas dire comme le président français, Emmanuel Macron, armons-nous pour une guerre sanitaire avec toutes les conséquences que cela comporte. C’est une question de responsabilité.

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