Au miel et à la nivaquine de la réforme du système partisan, ils ont goûté et désormais, ils savent à quoi s’en tenir. Vainqueurs des communales et recalés pour défaut…

Survie politique : Prd et Udbn, des leçons et des choix à faire

Survie politique : Prd et Udbn, des leçons et des choix à faire

Au miel et à la nivaquine de la réforme du système partisan, ils ont goûté et désormais, ils savent à quoi s’en tenir. Vainqueurs des communales et recalés pour défaut des 10% ont, depuis les deux dernières élections organisées sous la Rupture, eu des fortunes diverses et à présent, l’heure est au bilan spécifiquement pour ceux qui n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs. Déjà, en ce qui concerne le Prd de Me Adrien Houngbédji, l’un des partis les plus en vue au lendemain du renouveau démocratique, il devra apprendre à ses dépens que les temps ont changé et que sous le règne de Patrice Talon, l’inconstance, l’indécision politique et les petits calculs ne font plus recette.
Sérieusement, à toujours croire qu’on est plus gros que l’éléphant, que seul on est capable et lorsqu’il s’agit de se mettre ensemble, vouloir plus qu’il n’en faut, les Tchoco-Tchoco se retrouvent à l’heure qu’il est, malheureusement au fond du trou électoral. Dans tous les cas, moins de 6% des votants ont fait confiance à la liste Prd et il fallait bien s’y attendre. Car, comme hier, il faut se remémorer leur courte expérience au sein de l’Union fait la Nation qui finalement n’était utile que pour se hisser au pouvoir pour comprendre que les micmacs du parti arc-en-ciel ne datent pas d’aujourd’hui et sans une réelle visibilité, des électeurs ne peuvent que lui préférer des listes plus engagées.

Danser au rythme des réformes ou périr
Face à la situation, il faut donc plus de courage politique au parti arc-en-ciel pour ratisser large afin d’être capable pour les prochaines échéances de réunir les 10% ou carrément se fondre dans l’un des grands ensembles déjà en place. Sinon, les lendemains s’annoncent encore plus cruels. En définitive, même s’ils optent pour la fusion, ce qui suppose moins de prestige que s’ils l’avaient fait plus tôt, ce serait, à tout point de vue, un moindre mal.

Quant à l’Udbn, il était prévisible que la recette de la jeunesse, de la femme ajoutée à la détermination ne pouvaient suffire pour faire de bons scores au-delà de Godomey. Partie dans la course aux législatives de 2019 et aux communales de 2020 avec des handicaps ou un grand retard sur les dinosaures, les diverses fortunes doivent enfin pouvoir édifier les instances dirigeantes du parti porté par Claudine Prudencio. A la réalité, avec 2% de voix récoltées, c’est un indice pour tout de suite courir à la recherche des alliés qui pèsent réellement et sont capables de prouesses électorales dans leur fief. Mais, étant très loin du compte à savoir de la barre des 10%, la solution la plus plausible pour continuer d’exister sur l’échiquier politique national et se faire prochainement représenter dans les instances de décisions notamment l’Assemblée nationale, les communes et pourquoi pas au gouvernement, c’est de se fondre dans l’un des deux blocs de la mouvance présidentielle si tant est que la logique de soutien reste intacte. Autrement, il est fort à parier que les mêmes causes produiront les mêmes effets.
C’est dire qu’on soit Prd ou Udbn, les jours à venir seront très décisifs. Car, avec la nouvelle donne où les alliances pour aller aux élections sont proscrites et où impérativement, il faut récolter 10% des suffrages exprimés au plan national, ils ne peuvent plus se voiler la face. Enfin, entre continuer d’exister et disparaître dans les profondeurs de la réalité politique, à eux de choisir.

Angelo DOSSOUMOU