Après l’échec du vote de défiance à la Mairie de Ouidah:Les conseillers dissidents toujours menaçants

Après l’échec du vote de défiance à la Mairie de Ouidah:Les conseillers dissidents toujours menaçants

On s’attendait à un retour au calme, mais il semble qu’on en est bien loin au sein du conseil communal de Ouidah. L’échec du vote de défiance du lundi 6 février 2017 a ravivé la tension. Les 12 conseillers dissidents sont visiblement engagés à sortir le Maire de la ville par la petite porte. Ils l’ont fait savoir à travers une conférence de presse, samedi 11 février dans cette ville.

« Il tentera tout, mais ne réussira pas. Comptez sur nous. Nous parviendrons à destituer Sévérin Adjovi ». Le ton est ferme, les dissidents crachent du fiel et affichent une volonté sans nuages de parvenir à leur dessein qu’est la destitution à tout prix du maire Sévérin Adjovi. Pour eux, la commune de Ouidah ne peut plus continuer par confier sa destinée à un maire qui a décimé ses ressources et effondré tout espoir de progrès. Le réquisitoire des accusations est une litanie sans fin, mais l’on peine à comprendre pourquoi ces 12 conseillers s’opposent alors que le vote de défiance sollicité par leur soin a échoué. Pour eux, il ne s’agissait pas d’un vote. Pour le Chef d’Arrondissement de Pahou, la procuration faite par le conseiller en question porte une fausse signature non conforme avec celle figurant sur sa carte d’identité. Mieux, affirme-t-il, le registre portant son dépôt de signature a disparu de l’arrondissement 48 heures avant le jour du vote de défiance. « Le lundi autour de 11 heures, j’ai reçu un coup de fil et on m’a dit de me rendre au 3ème arrondissement. Une fois sur les lieux, les portes étaient fermées. Jusqu’à midi trente, il n’y avait personne. Autour de 15 heures, on a vu deux secrétaires. Parmi eux, il y a un qui, pris de panique a déclaré que le registre est parti depuis le samedi. Nous sommes entrés dans les bureaux avec l’huissier et les forces de l’ordre à la recherche du fameux registre mais en vain. Après nous avions déposé une plainte au Tribunal », a-t-il déclaré. Pour les dissidents, ce vote est jalonné d’irrégularités. Ils se disent prêts à utiliser toutes les voies de recours pour faire constater son illégalité. En plus de la contestation du vote, les dissidents attendent visiblement Sévérin Adjovi sur le chantier de la gestion des ressources de la commune. Ils abordent la question avec sérénité car pour eux, ce serait un miracle que le maire actuel sorte immaculé de ces nombreux dossiers qu’ils ont évoqués à l’occasion. « Il s’agit d’une gestion opaque. A la fin de la mission de l’Ige, vous entendrez des choses. Qu’il veuille ou non, il partira. Que tous les filles et fils de Ouidah nous accompagnent pour libérer la commune », a déclaré Célestine Adjanohoun. Les dissidents ont profité pour insister sur la non implication du Chef de l’Etat. « Le Chef de l’Etat n’est nullement impliqué dans ce que nous faisons. Notre lutte a pour seul objectif de faire partir le maire Sévérin Adjovi et sauver la commune », a déclaré le conseiller Boniface Bossoukpè.

HA

Ouidah au point mort

La commune de Ouidah cessera de fonctionner les jours à venir. Il ne s’agit pas d’un mauvais présage, l’actualité y conseille vivement. Les prochains jours seront sans vie pour Ouidah, car, la crise empêchera le fonctionnement même de la commune. Les 12 dissidents, majoritaires au Conseil communal auront désormais le choix entre boycotter systématiquement les sessions ou voter ‘’Non’’ à chaque fois. Cette forme de désobéissance collective n’arrangera pas les choses car, le maire ne pourra visiblement rien faire avec 7 conseillers. La logique sera comme partout ailleurs, de rendre la gestion difficile au maire décrié qui ne pourra plus prendre aucune décision, sous peine de tomber sous le coup des textes en vigueur. Sur un autre plan, ces conseillers chercheront désormais à acculer par tous les moyens le Maire sur le terrain de la gestion des ressources. L’atmosphère sera viciée, les positions déjà tranchées seront frontales. La bataille ne sera plus celle du développement, mais des hommes. Ouidah s’arrête. Mais pour combien de temps encore ?

AT