Libération des espaces publics: Le travail inachevé des bulldozers à Zongo

Libération des espaces publics: Le travail inachevé des bulldozers à Zongo

Le travail de déguerpissement forcé entamé par le Gouvernement continue sur le terrain. Les équipes du ministère du Cadre de vie et du Développement durable celles de la préfecture ont investi, vendredi 6 janvier dernier, plusieurs quartiers de Cotonou. Contrairement à ce qui a été fait à Fidjrossè, Houéyiho, Aïbatin, deux jours avant, à Zongo le travail effectué laisse un goût d’inachevé.

« Si on demandait le sentiment du préfet Modeste Toboula par rapport au travail de ses équipes au quartier Zongo en comparaison avec ce qui a été fait au quartier Fidrossè la dernière fois, il allait dire aux Béninois que le travail n’a pas été bien fait ». Ainsi parlait un enseignant après avoir passé environ quatre heures de temps à suivre les équipes techniques de démolition pour la libération des espaces publics illégalement occupés. C’est le sentiment qui se dégage de l’opinion publique après le passage des bulldozers dans cette zone vendredi 6 janvier dernier. 

Surplace, au niveau des abords des ruelles dégagées, on observe encore des enseignes, des stations, des vérandas relativement élevées, des petits toits qui surplombent les espaces à libérer et d’autres encombrements qui auraient dû être dégagés. « Ici, ils ont trop pitié des gens, sinon la dernière fois à Fidrossè c’était plus propre et pratiquement sans grande négociation », affirme Louis Aïdjinou conducteur de moto-taxi. Il pense que ce sont les propriétaires eux-mêmes qui vont achever le travail.
L’absence du préfet du Littoral a certainement joué. L’autorité est finalement descendue quelques heures après sur les lieux pour constater en personne le « laisser-aller » qu’il y a eu. Modeste Toboula a été même obligé de demander la reprise du travail à certains endroits. A plusieurs reprises, il est allé faire appel personnellement au conducteur de l’engin lourd pour que celui-ci revienne achever le travail entamé. Mais le préfet essaie de comprendre certains cas. Un des agents sur le terrain lui fait le point en ces termes : « Nous avons dû laisser deux stations qui sont dans les espaces à libérer et d’autres cas encore pour que l’autorité même vienne constater ». Et le préfet de répondre « Je vous comprends, parce que, quand on lutte contre l’essence ‘’kpayo’’ et dans le même temps on détruit des stations d’essence, cela peut ne pas se comprendre, il faut d’abord les laisser », déclare le préfet Modeste Toboula. Il faut souligner qu’il a dirigé en personne pendant le week-end une opération de lutte contre la vente de l’essence frelatée « kpayo » aux abords des rues à Cotonou. Plusieurs dépôts de vente d’essence ont été vidés et saccagés par les forces de l’ordre, créant du coup une inflation du produit sur le marché.