Le Sommet Extraordinaire de la CEDEAO du mardi 27 mars 2012 à
Abidjan, sur la situation politique au Mali, dans ses résolutions finales,
avait décidé de l’envoi au Mali, le jeudi 29 mars 2012, d’une délégation
de haut niveau chargée d’informer la junte sur la teneur des décisions du
Sommet et de discuter notamment, des modalités d’un retour rapide à
l’ordre constitutionnel.
Cette délégation de haut niveau des six (6) Chefs d’Etat est composée
comme suit :
1. Le Président en exercice de la CEDEAO, Son Excellence Alassane
OUATTARA, Président de la République de Côte d1voire ;
2. Le Président en exercice de l’Union Africaine, Son Excellence
Thomas Boni YAYI, Président de la République du Bénin ;
3. Le Président du Burkina Faso, Son Excellence Blaise COMPAORE,
Médiateur de la CEDEAO pour la crise malienne ;
4. La Présidente de la République du Libéria, Son Excellence Ellen
JOHNSON-SIRLEAF ;
5. Le Président de la République du Niger, Son Excellence Issouffou
MAHAMADOU ;
6. Le Président.de la République Fédérale du Nigéria, Son Excellence
Goodluck Ebele JOHNATHAN, représenté par son Ministre délégué
aux Affaires Etrangères, Son Excellence Nurudeen MOUHAMMAD.
Dans l’accomplissement de sa mission, ce jeudi 29 mars 2012, cette
délégation en route pour Bamako, n’a pas pu atterrir en raison des
problèmes de sécurité liés à la situation confuse provoquée par des
manifestants à l’aéroport de Bamako.
Les Chefs d’Etat ont alors regagné Abidjan, pour y tenir une réunion
d’urgence.
Ils ont entendu le rapport du Président de la Commission, des Ministres
des Affaires Etrangères, des Chefs d’Etat-major de retour de mission à
Bamako après leurs rencontres avec le CNRDRE.
Au terme de leur réunion, les Chefs d’Etat ont d’abord rappelé les
principales décisions de la Conférence Extraordinaire des Chefs d’Etat et
de Gouvernement de la CEDEAO qui s’articulent comme suit :
1. Dénier toute forme de légitimité au Comité National de
Redressement pour la Démocratie et la Restauration de l’Etat
(CNRDRE) et exiger le rétablissement immédiat de l’ordre
constitutionnel au Mali ;
2. Rappeler au CNRDRE sa responsabilité en ce qui concerne la .
sécurité et la sûreté du Président Amadou Toumani TOURE ;
3. Exiger que le CNRDRE libère tous les détenus politiques
4. Suspendre le Mali de tous les organes de prise de décision de la
CEDEAO, avec effet immédiat, conformément aux articles 1 (e) et
45 (2) du Protocole additionnel sur la Démocratie et la Bonne
Gouvernance, et les dispositions de la Charte Africaine sur la
Démocratie et la Bonne Gouvernance et ce jusqu’au rétablissement
effectif de l’ordre constitutionnel ;
5. Enjoindre au CNRDRE de prendre des mesures immédiates en vue
du rétablissement de l’ordre constitutionnel au Mali, conformément
aux Protocoles de la CEDEAO et en tenant compte des décisions
adoptées par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine
portant suspension du Mali ;
6. Autoriser la montée en puissance de la Force en attente de la
CEDEAO pour parer à toutes éventualités ;
7. En cas de non respect de ces décisions par le CNRDRE, la
Conférence invite tous les Etats membres à imposer avec effet
immédiat une interdiction de voyager ainsi qu’un embargo
diplomatique et financier sur les membres du CNRDRE et leurs
proches collaborateurs.
En application de ces décisions, les sanctions suivantes ont été arrêtées
et devraient être appliquées dans un délai maximum de 72 heures, au
plus tard le lundi 2 avril 2012, si le CNRDRE n’accédait pas aux
exigences de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement :
1. Sanctions Politiques et Diplomatiques
- Suspension du Mali des instances de la CEDEAO ;
- Rappel des Ambassadeurs des Etats membres de la CEDEAO
accrédités auprès de la République du Mali pour consultation ;
- Interdiction aux membres du CNRDRE et leurs associés de
voyager dans l’espace de la CEDEAO ;
- Fermeture des frontières des Etats membres de la CEDEAO sauf
pour les cas humanitaires ;
2. Sanctions Economiques
- Gel des avoirs des différents responsables du CNRDRE et de
leurs associés dans les pays membres de la CEDEAO ;
- Fermeture au Mali de l’accès des ports des pays côtiers de la
CEDEAO ;
3. Sanctions financières
- Gel des comptes du Mali à la BCEAO ;
- Non approvisionnement des comptes de l’Etat malien dans les
Banques privées à partir de la BCEAO ;
- Gel des concours financiers à partir de la BOAD et de la BIDC ;
4-Autres sanctions
- Gel de la participation du Mali à toutes manifestations sportives
et culturelles au sein de l’espace CEDEAO ;
Les Chefs d’Etat invitent l’Union Africaine à renforcer ses propres
sanctions contre le CNRDRE et ses associés, et à saisir le Secrétariat
Général des Nations Unies de ces sanctions.
Concernant la rébellion dans le nord du pays, les Chefs d’Etat réitèrent
leur appel à toutes les parties prenantes pour un cessez-le-feu immédiat
ainsi que l’offre de médiation de la CEDEAO.
Les Chefs d’Etat renouvellent leur ferme engagement à soutenir le Mali
pour la défense de son intégrité territoriale dès le retour à l’ordre
constitutionnel. Dans ce cas, ils mobiliseront tous leurs partenaires à cet
effet.
Le médiateur désigné par le Sommet Extraordinaire de la CEDEAO, le
Président du Burkina-Faso, Son Excellence Blaise COMPAORE, est chargé
du suivi de la mise en œuvre de ces mesures en liaison avec les Etats
membres de la CEDEAO et les Institutions régionales citées plus haut.
Les Chefs d’Etat demeurent saisis de la situation au Mali et invitent le
Président de la Commission de la CEDEAO à bien vouloir transmettre ces
décisions au Président de la Commission de l’Union Africaine et au
Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, pour information et
action appropriée.
Fait à Abidjan le 29 mars 2012







