Le président de l’Assemblée nationale a lancé officiellement et dédicacé ce samedi 30 mars 2019, à Golden Tulip Hôtel de Cotonou, son ouvrage intitulé ‘’La liberté au cœur : Le temps…

Le président de l’Assemblée nationale a lancé officiellement et dédicacé ce samedi 30 mars 2019, à Golden Tulip Hôtel de Cotonou, son ouvrage intitulé ‘’La liberté au cœur : Le temps des semailles’’ publié aux éditions l’Archipel à Paris. Dans cet essai autobiographique qui est déjà disponible à la libraire Sonaec et au centre commercial Erevan, Me Adrien Houngbédji retrace ses souvenirs d’enfance et de jeunesse, le début de sa carrière politique et évoque les tribulations l’ayant conduit en exil et plusieurs affaires devenues célèbres telles que Taïgla, Bikpi, Vogler, Kovacs.

Selon Me Adrien Houngbédji, son livre ’’La liberté au cœur ‘’ qui a pour sous-titre ‘’Le temps des semailles’’ veut dire que « s’il y a la liberté au cœur, il y a le temps de l’ensemencement, le temps de la maturation et après, le temps de la médiation et de la réflexion ».
Cet essai autobiographique de l’auteur est le premier tome intitulé ‘’Les semailles’’ parce qu’il raconte ses débuts.
Me Adrien Houngbédji parle de son enfance, ses parents, ses études, ses premiers pas dans la magistrature, au barreau, les grands faits qui ont marqué ce passage dans la magistrature et au barreau. Il n’a pas manqué d’évoquer les moments forts vécus pendant la révolution, son combat pour la liberté au pays qu’il qualifie de ‘’très dur’’ sanctionné par la peine de mort et l’exil.
L’auteur a également fait part des notions de la force du dialogue, de la tolérance, la main tendue, et le pardon qui ont permis à ce qu’il soit « l’un des promoteurs de la Conférence nationale ; ce que beaucoup ne savent pas ».
A travers le lancement de ce livre, Me Adrien Houngbédji veut rétablir certaines vérités pour faire connaître aux Béninois qui il est. « (…) Comme nous sommes à une période où sur les réseaux sociaux, n’importe quoi se dit, j’ai voulu rappeler aux Béninois que lorsque je suis rentré, j’ai consenti pour le pays, des sacrifices que très peu de personnes ont consentis. Je suis un homme sans rancune. J’ai été aux élections présidentielles 5 fois. J’ai été battu 5 fois. J’ai été aux élections législatives. Je suis président de l’Assemblée nationale 3 fois. Ma vie a parfois des oscillations et je n’en veux à personne. Je la prends comme elle est et je me prépare à me retirer », a déclaré Me Adrien Houngbédji.

Vu la situation socio-politique que traverse le Bénin, Me Adrien Houngbédji signale que le lancement de ce livre devrait se faire dans une période calme. « Dans ma tête, cet ouvrage devrait sortir dans une période apaisée, une période où je m’en vais avec la reconnaissance de ce que j’ai été et de ce que j’ai fait pour ce pays. Malheureusement, il se trouve que c’est arrivé à une période perturbée. Je n’ai pas choisi. Je me suis dit tant pis, si c’est dans une période perturbée, je vais quand même lancer le livre. Ce n’était pas prémédité », souligne l’auteur. Ce bouquin informe Me Adrien Houngbédji est terminé depuis plus d’un an et le temps de trouver un éditeur et de le mettre en chantier, ça a pris un an.

Trois grandes leçons à tirer de cet essai

A en croire le président de l’Assemblée nationale, les Béninois peuvent tirer des leçons de cet ouvrage. La première, « c’est que même si on est né de conditions modestes, avec le travail acharné, on peut atteindre des sommets ». « Il ne suffit pas d’être né sous climatiseur, d’avoir des parents qui ont des voitures, des villas pour avoir de la promotion. Quelqu’un qui est né dans un milieu modeste, d’un simple garde-frontière, d’une simple ménagère, peut faire le parcours que j’ai fait », a-t-il indiqué.
La deuxième leçon qu’on tire de ce parcours, révèle l’auteur, c’est qu’il faut avoir de la personnalité. « Quand on a un idéal, quand on a une conviction, il faut en accepter les risques. C’est ce que j’ai fait. Vous verrez que quand j’ai été magistrat, j’ai affronté l’autorité. J’ai affronté le Ministre de la justice et les évènements m’ont donné raison. Quand j’ai été Avocat, j’ai affronté le gouvernement. J’ai été condamné à mort sur le champ. Bien sûr que j’ai perdu, mais avec le temps, tout le monde s’est rendu compte que la vérité était de mon côté. Je ne peux pas partir sans raconter ça », a-t-il confié.

Quant à la dernière leçon que l’auteur a voulu donner c’est que les souffrances qu’il a subies n’ont pas eu une importance telle qu’il renie ses convictions. « Je suis bien avec tout le monde. Regardez le président Kérékou. Quelqu’un qui vous condamne à mort, qui vous contraint à l’exil et vous revenez demander qu’on vote pour lui ; afin qu’il soit réélu président de la République. C’est des leçons pour cette période dans laquelle nous nous trouvons et qui sont malheureusement des périodes d’intolérance », fait-il savoir. .
D’après Me Adrien Houngbédji, il est revenu de son exil plus pourvu qu’il ne l’était. « D’abord, les biens que j’ai laissés, c’est des biens que j’ai acquis par mon travail. Je n’ai pas gagné de l’argent par la corruption. Je n’ai jamais occupé un poste qui rapporte de gros marchés au Bénin », signale l’auteur.
Me Adrien Houngbédji ajoute que la première fois qu’il a été président de l’Assemblée nationale, il a travaillé sans être payé et sans touché ses indemnités, pareil lorsqu’il a occupé le poste de premier ministre pendant 2 ans.

Encadré

Qui est Me Adrien Houngbédji

Adrien Houngbédji, né en 1942 à Aplahoué au Bénin, est le fils d’un agent des douanes du Dahomey. Diplôme de droit en poche, il intègre l’Ecole nationale de la Magistrature, puis devient avocat. Condamné à mort à 33 ans pour avoir défendu un opposant, il s’évade de prison et s’exile pendant quinze ans au Gabon. Bénéficiant de la loi d’amnistie, il rentre au Bénin où il fonde en 1990, le Parti du Renouveau démocratique (PRD), puis devient président de l’Assemblée paritaire ACP /UE et, enfin, Premier ministre du président Mathieu Kérékou (1996 -98).
Il est actuellement et pour la troisième fois depuis 1991 président de l’Assemblée nationale.
Les éditions de l’Archipel ont publié son essai, ’’ll n’y a de richesses que d’hommes’’ (2005).

Akpédjé AYOSSO

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