Vendredi dernier était la plénière de tous les espoirs à l’Assemblée nationale. Mais elle a tôt fait de se transformer en plénière de toutes les incertitudes. Alors que le peuple…

Enlisement du processus électoral : Les ‘’faucons’’ de la Majorité

Enlisement du processus électoral : Les ‘’faucons’’ de la Majorité

Vendredi dernier était la plénière de tous les espoirs à l’Assemblée nationale. Mais elle a tôt fait de se transformer en plénière de toutes les incertitudes. Alors que le peuple retenait son souffle pour une sortie heureuse de crise, gage d’élections inclusives, de part et d’autres les positions se sont radicalisées. Avec en prime une déclaration à la limite incendiaire du Bmp puisqu’elle n’a fait qu’en rajouter à la psychose. Au pupitre, Jean-Michel Abimbola, coordonnateur du Bmp. Il a porté la voix d’une trentaine de ses collègues de la Majorité qui ont décidé de rompre le consensus. Mais à bien analyser, ‘’la déclaration de la honte’’ qui met fin à tout dialogue, sous prétexte que la Minorité ne joue pas franc jeu, était bien prévisible, eu égard aux positions défendues par les signataires de ladite déclaration lors du débat général qui l’a précédée. Au nombre des députés qui se sont négativement illustrés dans leur propos, Jean-Michel Abimbola, André Okounlola et Barthélémy Kassa. Pour eux, le Bénin n’est aucunement en crise préélectorale. Tout va bien dans le meilleur des mondes et rien ne se passera en cas d’élections non inclusives. Quand on regarde l’énergie que déploient ces soutiens du chef de l’Etat, on ne peut que constater que ce sont des députés élus sur la liste Fcbe. La plupart sont en difficulté dans leurs fiefs,  eu égard au rôle qu’ils ont joué dans le vote des lois qui, aujourd’hui, sont à la base du blocage du processus électoral. En réalité, ces députés savent pertinemment qu’ils n’ont de salut que dans une consultation non équitable, exclusive,  entre seulement partis de la Mouvance présidentielle. La situation les arrange et pour rien au monde, ils ne voudraient d’un consensus qui, à coup sûr, va enterre chez eux tout espoir de retour au Parlement. Abimbola, Okounlola et Kassa  sont obligés de jouer aux ‘’faucons’’ du régime de la Rupture pour faire croire au chef de l’Etat qu’ils sont ses soutiens les plus fidèles. Eux qui trainent comme une ombre le complexe d’ouvriers de 25e heure. Le chef de l’Etat doit donc se méfier de ces soutiens qui n’ont pour objectif que de retourner au Parlement, peu importe si les élections ne respectent aucune norme démocratique. Ceux-là qui lui miroitent un Parlement complètement acquis à sa cause, qui votera les yeux fermés toutes les lois envoyées par lui seront les premiers à quitter la barque quand celle-ci commencera à tanguer. S’ils l’ont fait déjà une fois, qu’est-ce qui dit qu’ils ne le feront pas à nouveau ? Le fait même que sur la soixantaine de députés soutenant les actions du chef de l’Etat, seulement une trentaine ont apposé leurs signatures au bas du document est symptomatique du malaise des autres députés Bmp à s’engager sur la voie de rupture de dialogue et donc de consensus. Le chef de l’Etat devrait en tirer les conclusions.

M.M

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