L’ancien chef de l’Etat et ancien maire de la ville de Cotonou, Nicéphore Dieudonné Soglo s’est exprimé le lundi 8 avril, sur la présence de chars dans certaines villes du…

Politique nationale: Nicéphore Soglo dénonce la présence de chars dans les rues

Politique nationale: Nicéphore Soglo dénonce la présence de chars dans les rues

L’ancien chef de l’Etat et ancien maire de la ville de Cotonou, Nicéphore Dieudonné Soglo s’est exprimé le lundi 8 avril, sur la présence de chars dans certaines villes du Bénin. C’était au cours d’un point de presse organisé à son domicile à Cotonou. Remonté contre une telle situation, Nicéphore Soglo a dénoncé ce qui, pour lui, s’apparente, ni plus, ni moins, à « une instrumentalisation de l’armée béninoise par le pouvoir en place. » « On sort les chars pour un oui ou pour un non. C’est un manque de sang-froid et un signe de fébrilité », a-t-il déploré. « L’armée n’est ni un jouet, ni un épouvantail. Elle est un rempart contre l’invasion étrangère. C’est l’outil le plus précieux de ces prestigieux guides que sont nos héros Béhanzin, Bio Guera et Kaba. Mais l’armée est aussi le creuset de toutes les composantes de la nation dont elle perçoit la respiration. Il faut donc la manier avec précision et responsabilité », a-t-il exhorté. L’ancien chef de l’Etat a aussi condamné la crise électorale qui secoue le Bénin depuis plusieurs semaines, en raison de la non-participation des partis de l’opposition et d’autres partis, au scrutin législatif du 28 avril: « Il est manifeste qu’il n’y aura d’élections crédibles et pacifiques au Bénin que si tous les citoyens, riches ou pauvres, y participent librement. C’est la simple application de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du Citoyen : Liberté, égalité, fraternité », a-t-il déclaré.

Lire l’intégralité de la déclaration

Cotonou, le 08 avril 2019

Béninoises, béninois,
Chers compatriotes,

En ces moments délicats pour notre jeune démocratie, je vous invite tous au calme et à la maturité.
N’oublions jamais que nous sommes tous des guerriers. Car pendant quatre siècles, la traite négrière a vidé notre continent de cent millions d’hommes, de femmes et d’enfants.
Des criminels, des nazis avant l’heure, venus d’Europe Occidentale, après avoir exterminé les Indiens d’Amérique et confisqué leurs terres, ont soumis la plus grande partie du continent africain à un véritable combat de gladiateurs ; cela leur a procuré les bras et les intelligences qui leur ont permis de bâtir notamment le Château de Versailles et de financer, comme l’a magistralement exposé dans ‘’Capitalisme et esclavage’’ le Docteur Eric WILLIAMS, la révolution industrielle en Europe.
L’Europe Occidentale est donc comptable devant l’humanité du plus haut tas de cadavres de l’histoire comme le dit très justement Aimé CESAIRE dans le ‘’Discours sur le colonialisme’’.
Pour l’heure et pour en revenir à notre pays le Bénin,on sort les chars pour un ‘’oui’’ ou pour un ‘’non’’. C’est un manque de sang-froid, et un signe de fébrilité. L’armée n’est ni un jouet, ni un épouvantail. Elle est unrempart contre l’invasion étrangère. C’est l’outil le plus précieux de ces prestigieux guides que sont nos héros BEHANZIN, Bio GUERA et KABA. Mais l’armée est aussi le creuset de toutes les composantes de la nation dont elle perçoit la respiration. Il faut donc la manier avec précision et responsabilité.
Actuellement dans le monde entier des femmes et des hommes manifestent plus ou moins pacifiquement pour réclamer leurs droits et exprimer leurs aspirations. Les événements en cours dans notre pays, alors que l’on persiste dans l’erreur et dans l’horreur ne sont que le signe d’un manque de maturité et de vision.
Il est manifeste qu’il n’y aura d’élections crédibles et pacifiques au Bénin que si tous les citoyens riches ou pauvres y participent librement. C’est la simple application de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen : Liberté, Egalité, Fraternité. Et je rappelle à nouveau, car la répétition est pédagogique, qu’il nous faut revenir aux fondamentaux. C’est-à-dire :
1. Aux lois qui ont permis l’élection pacifique de Patrice TALON en 2016 sans qu’il soit besoin de toucher à la constitution de 1990.
2. A l’examen dans les meilleurs délais de la proposition de Monseigneur GANYE, d’une loi d’amnistie en faveur de nos compatriotes actuellement en exil sans oublier les prisonniers politiques.
C’est la voie de la paix, de la concorde nationale.
Je vous remercie.

Nicéphore Dieudonné SOGLO.
Ancien Président de la République
Ancien Maire de la ville de Cotonou
Vice-Président du Forum des Anciens Chefs d’Etats et de Gouvernements d’Afrique,
Créé en 2006 à Maputo sous le haut patronage de Nelson MANDELA

Rastel DAN

  • Social Links: