Deux semaines après l’arrestation de Komi Koutché à Madrid en Espagne, aucune réaction officielle de la part du gouvernement béninois. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, l’ancien  Ministre de…

Détention de Komi Koutché à Madrid : Le silence du gouvernement béninois inquiète l’opposition

Détention de Komi Koutché à Madrid : Le silence du gouvernement béninois inquiète l’opposition

Deux semaines après l’arrestation de Komi Koutché à Madrid en Espagne, aucune réaction officielle de la part du gouvernement béninois. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, l’ancien  Ministre de l’Economie et des Finances sous le régime de Boni Yayi a été interpellé et gardé depuis le 14 décembre 2018, par la police espagnole. Jusque-là, les autorités de son pays natal ne se sont pas encore prononcées sur le sujet. Un mutisme qui suscite déjà de moult interrogations au sein de la population. Dans le rang de l’opposition, l’Exécutif adopte une position ‘’irresponsable’’ dans cette affaire.

 

Aucune réaction officielle depuis l’arrestation de Komi Koutché à Madrid. L’Exécutif béninois semble ne pas être pour le moment préoccupé par cette affaire. Pourtant, c’est la justice béninoise qui a émis un mandat d’arrêt international contre l’ancien Ministre de l’Economie et des Finances sous le régime défunt. Du côté de l’opposition, il s’agit d’une chasse à un homme qui ne partage pas la même vision que le gouvernement. A l’annonce de son arrestation, le parti Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), sa formation politique, est monté au créneau pour dénoncer une interpellation arbitraire. Selon la déclaration rendue publique par les ‘’Cauris’’, Komi Koutché est poursuivi en raison de ses prises de position contre la gouvernance de Patrice Talon. Ses proches indiquent par ailleurs que les faits qu’on  lui reproche sont infondés et ne sont justifiables dans aucun sens. L’Union Social-Libérale (USL), une autre formation politique de l’opposition, a aussi abondé dans le même sens. Les ‘’sociaux-libéraux’’ trouvent très «dangereux » les atteintes aux libertés d’expression au Bénin et la traque que subissent les opposants depuis l’instauration du régime de la ‘’Rupture’’ en 2016.

Accusé d’avoir commis  d’énormes irrégularités dans la gestion du Fonds National de Microcrédits au moment où il était aux affaires, Komi Koutché a toujours nié les faits. La justice de son pays  lui reproche une malversation financière qui avoisine  soixante (60) milliards de Fcfa. Ces fons auraient été sortis des caisses de l’Etat sans justification. Les faits remontent entre  2008 et 2013, puis 2013 à 2016 où il avait respectivement occupé les postes de Directeur Général du Fonds National de Microcrédit et du  Ministre de l’Economie et des Finances sous l’ancien Président Boni Yayi. Et c’est dans le cadre de cette affaire que la justice béninoise a émis un mandat d’arrêt international contre lui. Une recherche mise en exécution par la police espagnole dans la nuit du 14 décembre 2018. Après la mis en exécution dudit mandat, la justice espagnole aurait exigé des documents  fiables prouvant les accusations à l’encontre de Komi Koutché. Dans la foulée, des informations ont fait état de ce que le gouvernement béninois ne disposait d’aucune preuve fiable établissant la culpabilité de l’accusé. Ce qui bloquerait l’extradition de l’intéressé.

Pis, les autorités du pays s’abstiennent de se prononcer sur le sujet. Jusqu’à présent, aucune version officielle. Un mutisme qui offusque à nouveau l’opposition. Dans un nouveau communiqué, l’Union Sociale-Libérale condamne la position du gouvernement face à ce dossier.

Par Dieudonné AWELE