Candide Azannaï aura saisi l’opportunité que lui offre cette commémoration, pour marquer plusieurs coups. Sinon, pour une simple commémoration, les populations ont eu droit à une messe d’action de grâce…

1ère action politique après sa démission : Azannaï fait d’une pierre plusieurs coups

1ère action politique après sa démission : Azannaï fait d’une pierre plusieurs coups

Candide Azannaï aura saisi l’opportunité que lui offre cette commémoration, pour marquer plusieurs coups. Sinon, pour une simple commémoration, les populations ont eu droit à une messe d’action de grâce suivie de procession, même si elle limitée à son quartier Zogbo. L’ancien ministre a également lancé un signal fort à ses militants et sympathisants pour une mobilisation en vue des luttes futures. En effet, le bain de foule reçu par l’homme constitue pour lui un baromètre devant lui permettre de d’avoir une claire vision sur l’orientation à donner sa politique, ainsi que les stratégies d’action. Même s’il n’a pas livré les mobiles de sa démission, ni égratigné qui que ce soit dans ses propos, Azannaï aura également créé l’événement en annonçant des révélations sur cette actualité pour les tout prochains jours. C’est un non-événement certes, mais qui constitue en lui-même un grand événement, compte tenu du suspens entretenu au sein de la population, par rapport à l’éventualité de faire des déballages ou non. Cette première sortie politique du Président du parti Restaurer l’espoir, (même si on l’a vu apparaitre entre temps chez le renard de Djèrègbé, le frère Melchior), lui aura permis de poser un certain nombre d’actes qui laissent deviner ses réelles intentions politiques pour le futur.

Un test de popularité

La grande caravane qui a clôturé les manifestations et qui a sillonné les rues de Zogbo drainant une foule derrière Candide Azannaï, a tout l’air d’un teste de sa côte de popularité. En effet, à la tête de militants et sympathisants en liesse, l’animal politique a pris son bain de foule, mains levées en signe de gratitude. Une manifestation populaire qui frise la mobilisation de troupe pour des combats futurs.

Déballages, le suspense reste entier

Candide Azannaï a déjoué tous ceux ont prédit des déballages au sujet de sa démission du gouvernement du président Talon.
Je n’ai pas appris à mélanger les torchons et les serviettes, le sujet d’aujourd’hui n’est pas ma démission du gouvernement,  ce sujet viendra en son  temps calmement, patiemment, je suis un homme politique,  je sais où je vais, je sais pourquoi je fais chaque chose. Le calendrier de l’adversaire n’est pas mon calendrier, j’ai mon calendrier et j’ai appris à imposer mon calendrier à mon adversaire », précisera t-il.

Absence remarquée d’acteurs politiques et de la société civile

Candide Azannaï s’est-il retrouvé seul dans sa logique politique? Il existe des signes en tout cas évocateurs. Hier jeudi 04 mai 2017, son parti Restaurer l’espoir et lui ont commémoré à Cotonou (quartier Zogbo)  les évènements malheureux du 04 mai 2015. Alors qu’il était député, Candide Azannaï avait grâce à la mobilisation des populations mis en déroute des forces de l’ordre qui avaient reçu pour ordre de l’arrêter. L’ancien ministre était ce jeudi seul dans les rues avec ses militants. La manifestation n’avait pu connaître d’impressionnant rassemblement comme attendu. Par ailleurs, les hommes politiques étaient rares aux côtés de l’ancien député de l’Union fait la Nation (Un). Le député Orden Alladatin élu sur la liste Un, et réputé très proche du président Patrice Talon a été aperçu par certains témoins dans le rang des militants de Restaurer l’espoir, mais il s’était très tôt éclipsé. Il n’y avait pas non plus à Zogbo les acteurs de la société civile, défenseurs des droits de l’homme. Pourtant, il y a deux ans, plusieurs leaders politiques et membres de la société civile avaient exprimé leurs soutiens à Candide Azannaï qui affrontait le gouvernement de Yayi Boni. Curieusement, la majorité de ces politiques et activistes des droits de l’homme semble avoir déjà oublié le 04 mai 2015, le jour où Cotonou aurait pu basculer dans la violence. A bien y réfléchir, certains politiques pourraient estimer que l’eau a coulé sous le pont et que le régime contre lequel le président du parti Restaurer l’espoir s’était battu, a disparu. Ces politiques ne perçoivent peut-être plus l’intérêt qu’il y a à s’accrocher à cet épisode noir de l’histoire politique nationale. Mais on pourrait également soutenir que des politiques ou encore des acteurs de la société civile ont évité de s’aligner derrière Candide Azannaï de peur de se retrouver dans le viseur du gouvernement de la Rupture. Ils auraient en effet peur de subir des représailles politiques puisque Candide Azannaï a coupé les ponts avec Patrice Talon. Le 27 mars dernier, il a souligné avoir déposé sa démission du gouvernement « face aux derniers développements de l’actualité politique dans notre pays ». Il ne partageait plus certainement avec le Chef de l’Etat la qualité de sa gouvernance. Tous ceux qui prendront le risque de s’acoquiner avec l’ancien député pourraient donc être traités comme des ennemis de la Rupture.

Il est évident que Candide Azannaï n’a pas reçu de grands soutiens ce jeudi. Ce constat révèle-t-il pour autant l’isolation et la fragilisation progressives de cet homme politique? Il est peut-être trop tôt de tirer des conclusions inattaquables.

A.S

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