Une fille calcinée, deux blessés dont un grièvement et dix maisons réduites en cendre. C’est le bilan d’un incendie causé par un camion titan chargé de bidons d’essence frelatée et…

Grave incendie à Porto-Novo : L’essence frelatée fait un mort, deux blessés et d’énormes dégâts matériels

Grave incendie à Porto-Novo : L’essence frelatée fait un mort, deux blessés et d’énormes dégâts matériels

Une fille calcinée, deux blessés dont un grièvement et dix maisons réduites en cendre. C’est le bilan d’un incendie causé par un camion titan chargé de bidons d’essence frelatée et qui s’est renversé dans le quartier de Louho, situé dans le 5earrondissement de Porto-Novo, au petit matin de ce mercredi 4 octobre.

Le quartier de Louho dans le 5e arrondissement de Porto-Novo est dans la tristesse. Il est sous le choc d’un grave incendie qui s’est produit au petit matin de ce mercredi 4 octobre. Le feu n’a rien laissé sur son passage. Le bilan, lourd, fait état d’une fille de 14 ans calcinée, deux blessés dont un brûlé au second degré, tous des apprentis du chauffeur du camion actuellement en fuite, et dix maisons carbonisées avec tout leur contenu dont des ateliers et des boutiques. L’incendie n’a pas épargné les installations de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). Un poteau électrique fait en bois et des câbles de la Sbee ont brûlé complètement, perturbant pendant plusieurs heures la fourniture de l’énergie électrique dans cette zone. Tout rentrera dans l’ordre dans l’après-midi d’hier après l’intervention de l’équipe technique de la Sbee.
Par rapport à l’origine de l’incendie, tous les témoins sont unanimes. Le feu a été occasionné par un gros porteur chargé de plusieurs dizaines de bidons d’essence frelatée communément appelée « kpayo ». Les témoins parlent d’un chargement de 30 000 litres d’essence de contrebande destinée au marché informel de Cotonou et environs via la lagune de Porto-Novo. Les bidons d’essence devraient être déposés au niveau de la lagune de Porto-Novo du côté de Louho avant d’être récupérés par la suite par les piroguiers en destination de Cotonou. Un circuit habituel connu de tous les habitants du quartier. Mais ce mercredi 4 octobre, tout a viré au cauchemar pour eux.
Selon des témoignages recueillis sur place, le gros porteur a eu une panne technique, son ressort amortisseur au niveau de la remorque aurait cédé. Ayant perdu l’équilibre, le camion s’est renversé avec tout son contenu en pleine agglomération à quelques encablures de la lagune de Louho. Cette chute a été suivie quelques instants après, racontent les témoins, d’une grande explosion des bidons d’essence. Le feu va envahir toute la zone en consumant tout sur son passage. Le ruissellement de l’essence renversée a accéléré la propagation des flammes qui ont réduit en cendre dix paquets de maisons ainsi que des boutiques et ateliers.

Triste sort !

Le feu, dans sa furie, a calciné une fillette de 14 ans, une écolière en classe de Cm1. Celle-ci a quitté ses géniteurs à Adjarra et est arrivée, il y a seulement deux semaines, chez sa grand-mère pour aller à l’école. Mais elle ne savait pas qu’une mort tragique l’attendait ce mercredi. Le corps calciné de la fillette a été découvert dans une chambre. Le chef de la famille, Tidjani Sagbo, pêcheur, se dit surpris par ce drame. Car, selon lui, il a vidé tous les occupants de son agglomération dont la victime pour les mettre à l’abri du pire dès qu’il a vu le camion se renverser. Mais il dit ne pas savoir à quel moment la fille est retournée dans la chambre. Le corps a été enterré hier même par ses parents, sur instruction du procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo. Ce dernier a ouvert une enquête pour que soient élucidées les circonstances du drame et situées les responsabilités. La police est actuellement sur le dossier. Selon le chef quartier de Louho, Paul Kinsou, le bilan du drame aurait pu être plus lourd si les sapeurs-pompiers n’étaient pas venus à temps sur les lieux pour vite circonscrire et maîtriser les flammes. L’autre chose qui a amoindri le bilan, se réjouit-il, est que les populations étaient encore en éveil cette nuit-là. Sinon ce serait un carnage si les gens s’étaient déjà endormis avant l’explosion, relève Paul Kinsou. Le chef de la famille et le chef quartier appellent le Gouvernement au secours pour les accompagner dans la reconstruction des maisons. Par ailleurs, l’on continue de rechercher jusqu’ici les vrais auteurs de cet homicide involontaire. Juste qu’au moment où nous mettons sous presse, le chauffeur du camion n’est pas retrouvé. Il a pris la clé des champs. Seules les ferrailles du camion immatriculé BC 7931 RB se trouvent encore sur les lieux du drame. Une victime grièvement brûlée est retrouvée. Il s’agit d’un apprenti qui n’est rien d’autre que le petit frère germain du chauffeur. Mais cela n’a pas été facile de le retrouver. Il avait été caché dans un cabinet médical clandestin où il suivait des soins. Certainement pour éviter que la main ne soit mise sur lui pour l’amener à faire des révélations par la suite, surtout sur le propriétaire des marchandises. Des rumeurs persistantes et sérieuses mettent à l’index un puissant opérateur économique bien connu dans le secteur du commerce illicite de l’essence frelatée dans l’Ouémé et même dans tout le Bénin. Le propriétaire du produit risque gros devant la justice.

Session extraordinaire à la mairie

La situation a mobilisé hier un ballet de personnalités sur le terrain. Les autorités de la préfecture de l’Ouémé, le maire de Porto-Novo et autres sont descendus sur les lieux du drame pour s’enquérir de l’ampleur des dégâts. Le directeur départemental de la Santé de l’Ouémé, Dr Simplice Tokpo ; le médecin-coordonnateur de la Zone sanitaire Aguégués-Sèmè-Podji-Porto-Novo, Dr Rodrigue Kohoun ; le médecin de Porto-Novo, Dr Alain Kossoko et le docteur François Ahlonsou, deuxième adjoint au maire de Porto-Novo, étaient aussi sur le terrain pour évaluer le volet sanitaire du drame surtout des blessés. Grâce à leur détermination, ils ont retrouvé l’apprenti chauffeur, un adolescent de 19 ans. Il était hospitalisé dans un cabinet médical de fortune avec la grand-mère de la fille décédée. Celle-ci n’était pas blessée mais sentait un malaise dû au choc psychologique consécutif au drame. Une situation qui contraint son hospitalisation. Elle serait hors de danger tout comme le second apprenti du chauffeur du camion qui s’en est sorti, lui, avec quelques brûlures légères. Ce dernier était déjà parti du cabinet de soins avant l’arrivée des médecins.
Face au tableau clinique surtout de l’apprenti grièvement brûlé, la délégation des médecins a décidé de référer, séance tenante, le patient du cabinet médical de fortune vers le centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé-Plateau. Elle a fait venir une ambulance qui l’a transporté, sous l’œil vigilant du Dds de l’Ouémé, en direction des services d’urgences du Chud O/P où il suit depuis l’après-midi d’hier, des soins intensifs. Il a été embarqué avec la grand-mère de la fille décédée qui sentait quelque malaise. Compte tenu de la grève des agents des hôpitaux publics, une équipe médicale a été réquisitionnée pour la prise en charge sanitaire sans faille des deux victimes. Selon le Dds de l’Ouémé, Dr Simplice Tokpo, le ministre de la Santé, Alassane Séidou, informé, suit de près l’évolution de la situation sanitaire des malades.
Aux dernières nouvelles, on annonce que le conseil municipal de Porto-Novo organise, ce jeudi 5 octobre, une session extraordinaire sur la question pour apprécier l’ampleur de la situation et voir dans quelle mesure accompagner les victimes.

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