(Ballet des personnalités politiques à Akpakpa hier) Le député Mohamed Atao Hinnouho aura peut-être bientôt maille à partir avec la justice. Il doit répondre incessamment à une convocation de la…

Pour une affaire de «faux médicaments» : Atao Hinnouho interpellé par la police

Pour une affaire de «faux médicaments» : Atao Hinnouho interpellé par la police

(Ballet des personnalités politiques à Akpakpa hier)
Le député Mohamed Atao Hinnouho aura peut-être bientôt maille à partir avec la justice. Il doit répondre incessamment à une convocation de la Sous-direction des affaires économiques et financières (Sdaef) de la Police nationale. La Sdaef a décidé hier, jeudi 07 décembre 2017, de l’écouter à la suite de l’échec d’une opération de perquisition d’un magasin supposé contenir de faux médicaments appartenant à un de ses proches.

Le Bénin connaîtra certainement une nouvelle affaire. L’affaire des faux médicaments. Le député Mohamed Atao Hinnouho pourrait être l’un des grands  acteurs de ce nouveau dossier que le public a découvert hier jeudi. A en croire la déclaration du Chef de la Sdaef, Brice Allowanou, c’est l’arrestation du nommé Sourou Rock Toviéssi en possession de quarante (40) Kg de faux médicaments  qui a permis à la police nationale de découvrir un réseau de trafic illicite auquel serait associée dame Akinocho Karim Salamatou, la conjointe du député Hinnouho. Ce jeudi, la Police était à Akpakpa (Cotonou) pour perquisitionner un magasin identifié comme un lieu de conservation de faux médicaments. «Ce domicile contiendrait d’importantes quantités de faux médicaments et c’est pour en avoir le cœur net que la police a entrepris de procéder à la perquisition», a précisé le Commissaire principal Allowanou. Mais les forces de l’ordre ne réussiront pas à mener cette opération. Le député Mohamed Atao Hinnouho a en effet exigé un mandat de perquisition. Les forces de l’ordre ont également fait face à la résistance des populations. Durant plusieurs heures, le quartier abritant le domicile du député a connu de fortes tensions. Le pare-brise d’un véhicule de police a été cassé selon le patron de la Sdaef. A entendre certains témoins, Cotonou a évité de justesse le pire tant les populations étaient prêtes à en découdre avec les forces de l’ordre. Face aux rumeurs faisant état de l’arrestation du député Hinnouho, certains de ses collègues étaient allés eux-mêmes faire le constat de la situation. Il s’agissait des députés de la minorité parlementaire. L’ancien président de la République, Nicéphore Soglo et l’ancien ministre de la Défense nationale, Candide Azannaï étaient aussi à Akpakpa pour soutenir le député Hinnouho qui doit incessamment répondre à la convocation de la Sdaef. Selon le Commissaire principal Brice Allowanou, outre le député Hinnouho, des convocations ont été notifiées à dame Akinocho Karim Salamatou, au chef quartier et au chef d’arrondissement pour se présenter à la Sdaef. Il a aussi précisé au cours d’une conférence de presse animée hier à Cotonou que l’enquête se poursuivait.

M.M
 
 Soglo, un soutien d’Atao

L’ancien président de la République Nicéphore Soglo n’a pas marchandé ce jeudi son soutien au député Mohamed Atao Hinnouho. Il était dans la soirée d’hier au domicile du député mis en cause dans une affaire de faux médicaments. Nicéphore Soglo avait été  accueilli à Akpakpa par une foule très excitée et acquise à la cause d’Atao Hinnouho. Pour l’ancien Maire de Cotonou, il fallait faire ce geste parce qu’il existe aujourd’hui de réelles menaces sur les libertés au Bénin. Sa sortie d’hier reste la suite logique de la déclaration qu’il a publiée le mardi 05 décembre 2017 sur la gouvernance de Patrice Talon. Une déclaration qui est presque une prophétie puisque l’ancien Chef de l’Etat montrait que « l’heure est grave ». Le gouvernement de la Rupture a pratiquement trahi le peuple. Et il faut que les forces vives se mobilisent pour éviter au pays la descente aux enfers. Tout en appelant dans son adresse le gouvernement à éviter les conflits d’intérêts, à mettre fin à l’exercice solitaire du pouvoir et à l’opacité dans la gestion, le président Soglo avait souligné : « Nous sommes, il est vrai, encore dans la phase d’apprentissage. Nous devons progresser et prendre exemple sur les pays qui nous ont devancés sur cette voie». Le patriarche a aussi appelé au dialogue. La démarche d’hier de l’octogénaire est claire : le Bénin est en danger et tous les démocrates doivent redoubler de vigilance. Au-delà de la personne du député Atao Hinnouho, Nicéphore Soglo, déçu par la gestion de son ancien champion, est manifestement déterminé à soutenir les personnes victimes d’acharnement politique sous la Rupture. Face à la situation sociopolitique, l’homme ne devrait pas réprouver la mise en place d’un grand mouvement de résistance.

M.M